LE COUVENT DES GRANDS AUGUSTINS

 


 

Le grand et vaste bâtiment sur la droite quand on rentre à Saint-Amour par la Rue de Bresse est tout ce qui reste du couvent des Grands Augustins. Les Grands Augustins étaient l'un des quatre Ordres Religieux mis au nombre des Ordres Mendiants par le pape Pie V. Ces Ordres Mendiants furent sévèrement combattus par le célèbre Guillaume de Saint-Amour dans son ouvrage: << De periculis novissimorum temporum >>. Il est vraisemblable que les principaux fondateurs du couvent ont été les seigneurs de Saint-Amour 1. On lit dans l'état des dépenses du couvent2 de septembre 1766: << Donné 12 deniers pour avoir affranchi à notre Père Provincial une lettre qui contient l'état de nos revenus ensemble notre titre primordial de notre établissement à Saint-Amour et la confirmation de Notre Saint Père le pape Eugène3en l'année 1438 >>. En voici une description établie sous la Révolution4 :

 Description du couvent

Le couvent consiste en deux grands corps de bâtiments. Le premier situé de Matin5 à Soir fait face à la Rue de Bresse. Le second à Soir et en retour d'équerre au précédent forme une aile de Bise à Vent, et l'Eglise à Matin, de même de Bise à Vent, fait face à ladite Rue.

Ces bâtiments renferment un parterre emplanté de jeunes arbres tilleuls, clos de murs au Midy et en partie à Soir jusqu'au bâtiment, dans lequel est un puits couvert à tuiles sur une charpente supportée par quatre piliers en bois, ayant un collier en pierre et une roue servant à puiser l'eau.

A Matin du parterre et contre l'Eglise est un corridor de nonante-un pieds de longueur, sur huit pieds trois pouces de largeur. voûté sur arcs en pierre de taille et couvert à laves. La foulée duquel est tablée en dalles.

Ce corridor règne de même sous le premier corps de bâtiment du côté dudit parterre, voûté sur arcs en taille et tablé en dalles.

 

Le premier corps de bâtiment a cent-dix-huit pieds6 de longueur sur trente-trois de largeur. Au rez de chaussée est un vestibule à l'entrée près de l'Eglise, voûté et tablé en dalles, ensuite quatre chambres pour les classes desservies par ledit corridor, éclairées chacune par un vitreau7 fait dans les arcs de boutiques et baronnés; après est une autre chambre éclairée par deux fenêtres dont une aussi baronnée; ensuite est une cuverie ayant un portail sur la Rue et une petite fenêtre de chaque côté.

De ladite cuverie on communique à une cave sous la chambre à matin et à une autre sous le grand réfectoire.

Le second corps de bâtiment, en aile du précédent, a soixante-douze pieds de longueur sur vingt-huit pieds et quatre pouces8 de largeur. Au rez de chaussée est un grand réfectoire du côté de ladite cuverie, éclairé par deux fenêtres, croisé dans son pourtour, plafonné et la foulée en briques usées de vétusté. Ensuite un autre réfectoire pour l'hiver, cuisine, cabinets d'évier et garde-manger, une grande chambre d'infirmerie à feu, le tout desservi par un petit corridor du côté du parterre.

Entre lesdites cuisine et infirmerie, est un petit escalier en pierre pour descendre au verger et à la chambre du four sous ladite infirmerie, et à côté d'icelle est un caveau.

A la jonction des deux bâtiments sont deux rampes d'escaliers, l'une en bois pour descendre à la cuverie, et l'autre en pierre pour monter au premier étage, arrivant dans un grand corridor de sept pieds huit pouces de large, sur toute la longueur dudit bâtiment en aile et traverse le bâtiment au nord, éclairé à chaque extrémité et du côté du parterre.

A l'occident de ce corridor sont sept chambres dont trois à feu, un cabinet et un petit corridor au nord qui communique à l'escalier du grenier et aux Lieux qui sont sur un petit bâtiment à Soir du précédent.

Au Levant dudit corridor et au premier étage du bâtiment au nord, sont deux chambres occupées par Monsieur le Prieur dont une à feu, ensuite trois autres chambres à feu prenant jour sur ladite Rue de Bresse. Derrière ces chambres est un corridor qui communique à la tribune de l'Eglise. Au midy de ce corridor est le pensionnat prenant jour sur le parterre dans lequel il y a quinze lits en alcôve. Au bout d'icelui et joignant l'Eglise est la chambre du préfet avec cheminée.

Les foulées de tous les appartements, partie en briques et partie en planches usées de vétusté. Les planchers sur tête faits à la française, et les deux chambres occupées par Monsieur le Prieur sont plafonnées, leur foulée en parquet, leur pourtour boisé et tapissé

Les planchers du grenier sont en mauvais état excepté sur trois chambres où ils sont carrelés, les couverts faits à tuiles coupées, leur charpente en chêne et en état..

Dans la cour, à Soir des bâtiments et au nord d'icelle est un petit bâtiment couvert à tuiles coupées, de trente sept pieds de longueur sur vingt de largeur, dans lequel est une écurie, fenil au-dessus et un bûcher.

Ensuite dudit bâtiment dans le mur de clôture au nord sont deux portails pour l'entrée des voitures dans la cour couverts à tuiles sur une charpente.

L'Eglise située comme il a été dit. Sa principale porte d'entrée sur la rue décorée d'architecture gothique et de cinq statues en pierre. Elle contient cent-dix-huit pieds de longueur sur quarante-deux de largeur dans œuvre, un collatéral de chaque côté de la nef, et un autel en bois avec retable.

Les voûtes de la nef supportées par trois piliers isolés de chaque côté. Le chœur d'une seule voûte à bonnets, garnis de stalles à ses faces latérales. Le tablement, partie en dalles, partie en briques usées de vétusté. La nef éclairée de cinq vitreaux. Le chœur de deux grands vitreaux et de deux yeux de bœuf . Les vitres desquels sont en mauvais état.

Le maître autel isolé et croisé, derrière le choeur est la sacristie et un vestibule à l'entrée, le tout voûté et pavé en briques.

Au-dessus de la grande porte de l'église est un tambour en planches; au-dessus une tribune sur toute la largeur de la nef faite en bois et supportée par deux colonnes aussi en bois.

Cette église couverte à tuiles plates et, sur l'arc doubleau divisant le chœur et la nef, s'élève un petit clocher carré et couvert à tuiles plates.

Tous les édifices m'ont paru être solides. A l'occident et au midy d'iceux est un clos, de la contenance d'environ quatre mesures, semé partie, duquel est en cour, verger et jardin emplanté de quelques arbres fruitiers, entouré de murs, lesquels sont en mauvais état.

Au midy de ce clos est une cour carrée de douze pieds de large, dans le bas est un cabinet, au-dessus une volière, le couvert fait à tuiles plates et en mauvais état.

Touche le tout d'orient les héritiers Poncet et autres, au nord ladite Rue de Bresse, d'occident et midy des chemins.

Après avoir procédé à l'évaluation de tous les bâtiments, cour, jardins et verger ci-dessus détaillés, l'architecte Rousseau les a estimés à 16000 livres d'époque (1790)

Les biens du couvent furent vendus nationalement les 19 janvier, 17 et 21 février et le 18 mars 1790. Le 21 janvier 1793, on vendit les biens meubles8 , acquis pour la plupart par le << citoyen Barbier >> curé constitutionnel9.

Voici d'ailleurs l'extrait de cette vente tel qu'il existe aux Archives municipales:

Admodiation des appartements appartenant à la nation provenant du cy devant Monastère des Augustins de Saint-Amour (cinq lots)

Lot 1: la cuverie et deux caves qui se communiquent par la dite cuverie.

Lot 2: le grand réfectoire, une chambre 12 et un cabinet contigu du côté du soir des quatre classes sans cheminées.

Lot 3: quatre chambres à feu au premier étage dans le corps de logis sur la rue avec grenier au dessus.

Lot 4: une chambre à feu au 1er étage et deux autres sans cheminées, dans le corps de logis au couchant avec grenier au-dessus.

Lot 5: enfin l'appartement occupé par le sieur Jobert cy devant prieur dudit monastère.

Ont été attribués:

Le lot 1 au Citoyen Marie Philippe Luzy

Le lot 2 au citoyen Barbier, curé constitutionnel de Saint-Amour.

Le lot 3 à François Vuilloz et à Antoine Itenay.

Le lot 4 à Jean Armand.

Le lot 5 à Guillaume Philippe Montabreux.

Fait à Saint-Amour le 3 8bre 1792, l'an premier de la République Française

 

Le couvent des Grands Augustins




NOTES
  1. D'après les vieux plans du Terrier de Saint-Amour datant de 1728 de nombreuses maisons de la Rue de Bresse appartenaient encore à des familles nobles de la région notamment les <<de Thoisy>> et les << Duraquet de Montjay>>. D'après Maurice Perrod, les principaux fondateurs du couvent seraient les seigneurs de Damas et les comtes de Saint-Amour. On peut également en trouver confirmation dans le codicille du Testament de Philibert de La Baume: Archives départementales du Jura 1J 90(2) Folio 26. et dans 1J 90 (4) Folio 127 à gauche. D'une manière plus précise, en 1438, vivait Claudine de Laubespin qui épousa en première noce Jehan de Toulongeon et en secondes noces vers 1464 Jean de Damas, Seigneur de Digoin et de Clessy.
  2. Archives départementales du Jura - 21 HP/2
  3. Eugène IV, 214ème pape, né à Venise en 1383, élu le 3 mars 1431, mort le 23 février 1447.
  4. Archives départementales du Jura. 22 Novembre 1790. Etat des lieux établi par Jean-Baptiste Rousseau, Architecte demeurant à Saint-Amour, expert nommé par le Directoire du District d'Orgelet, à l'effet d'estimer les bâtiments ecclesiastiques et nationaux.
  5. Matin: Est. Soir: Ouest. Bise: Nord. Vent: Sud.
  6. Ancienne mesure de longueur valant environ 33 cm.
  7. Un vitrail mais nous gardons le terme d'époque vitreau
  8. Unité de mesure valant 27,07 mm. Ne pas confondre avec l'unité anglaise qui vaut 25,4 mm.
  9. Ce sont sans doute les restes d'un œil-de-bœuf que l'on aperçoit encore Rue du Crocodile.
  10. Néanmoins une relique, le chef de Saint Fortunat, martyr, extraite du cimetière de Lucine à Rome et donnée en 1699 au R.P Colombet, assistant général de l'ordre de Saint-Augustin, retourna dans l'église paroissiale.
  11. Le dernier prieur, C. Jobert, resta après le Concordat (15 Juillet 1801) à Saint-Amour comme aumonier de l'Hôpital
  12. La salle d'attente du cabinet médical est un lieu historique de la deuxième guerre mondiale. Marie Rose Jentet, la propriétaire, a reçu un jour des officiers Allemands venus l'interroger qui sont repartis. Mais dans les tiroirs de sa table se trouvaient des documents compromettants sur la Résistance ! Marie Rose, avec ta forte personnalité, tu as été une figure de Saint Amour !


Le premier collège de Saint-Amour

Les religieux, en échange de la donation d'une maison et d'un jardin, étaient astreints à diverses obligations1 . En 1652, ils s'engagent à tenir une école mais eurent de nombreux différends avec les échevins de la ville comme le montre l'extrait suivant:

 

<< L'an mil sept cent dix sept, le vingt deux septembre, nous soussignés Benoist Bevaud, Joseph Laurent Petitjean et Jacques Courcelle de Bouffelange, tous religieux prêtres de l'ordre de Saint-Augustin composant la Communauté de Saint-Amour, assemblés capitulairement, consentons que le Révérend père Charles Emmanuel Denaint, docteur en Théologie, et prieur dudit couvent, termine les procès que nostre Communauté a pendant au Parlement de Besançon contre la ville dudit Saint-Amour, tant au sujet de la place concernant notre Eglise2 , que pour celui qui regarde la Taille ou Impositions royales, qui est commencé au présidial de Lons-le Saunier, enfin pour toutes autres affaires et difficultés que nous pouvons avoir avec ladite ville3 , approuvant et ratifiant tout ce qui sera fait et géré par le père prieur aux faits premis, les ans et jours suivants. >>

 

Signés: Frère Benoist Bevaud, provincial

Frère Laurent Petitjean, sacristain

Frère Jacques Courcelle de Bouffelange

Frère Denaint, prieur


NOTES
  1. Ces obligations étaient: prières à Prime, oraison à la Très Sainte Vierge, suffrages des Morts pour les prédécesseurs et successeurs des donateurs.
  2. Il reste de cette église une rosace encore visible de la rue du Crocodile, une gargouille au croisement de cette rue qui lui a donné son nom et des restes de fenêtres
  3. Cette procuration, devant conduire à une transaction entre les Révérends Pères Augustins et le échevins de Saint-Amour, a été passée devant Maître Jean Coste, Notaire royal à Saint-Amour.


La vie des moines

Pour se rendre compte de la vie des moines, il est utile de parcourir le livre de comptes du Couvent des Grands Augustins de Saint-Amour de1766 à 1789:

Extrait des dépenses des Révérends Pères Augustins pour le mois de Décembre 1766

Beurre - oeufs - chandelles - poulets - lièvres - couteau de cuisine - poisson - tanches - chapon - beurre pour fondre - don gratuit au clergé - pois - ouvrier qui a travaillé au soir pour du balai -vitrier pour faire du mastique !, pour avoir mis du verre à toutes nos vitres de l'église de la sacristie - une voiture de bois achetée sur la place et a goûté ! -14 paires de sabots pour nos domestiques (et nous avons fourni le bois !)

En bref, cette moitié de page qui contient une partie des dépenses du mois de Décembre monte à la somme de cinquante quatre livres six sols

Extrait des dépenses des Révérends Pères Augustins pour le mois de Janvier 1767

Port d'une caisse contenant des cierges venant de Lyon par le carrosse - port d'un baril d'huile d'olive - on donne pour étrennes le 1er jour de l'an au père prieur six livres, au Révérend père Cayrel trois livres, au frère Nicolas trois livres, à Joseph notre 1er domestique une livre quatre sols, à Colombet notre second domestique douze sols, à Louis notre barbier vingt quatre sols, aux pauvres douze sols, en tout quinze livres.

Extrait des dépenses des Révérends Pères Augustins pour le mois de Juin 1777

Donné pour vingt livres de chandelles à dix sols la livre - Nous avons obligé nos vignerons de Cessia à payer à Mr de Cessiat les cens que nous lui devons - donné aux sœurs de Ste Claire de Seurre dix sols - au messager de Bourg pour commission six sols - deux ports de lettres de Lyon douze sols - pour fraises seize sols - pour dix livres de cerises à quatre sols la livre quarante sols - une bouteille de bière offerte aux Capucins sept sols - œufs dix huit sols - la façon d'une grosse corde pour monter les fagots au grenier trente huit sols - le cordier a fourni trois livres de chanvre pour poisson pendant tout le mois - donné aux RR. pp. Capucins six francs pour donner à manger à leur R.p. provincial qui n'a pu venir chez nous ayant mal à la jambe, plus pour deux bouteilles de vin de bourgogne et une demi bouteille de liqueur qu'on leur a envoyé trois livres - donné au R.p.prieur et au R.p. Molin pour leur vestiaire des mois avril, mai et juin et pour la barbe trente neuf livres - donné à Jean Baptiste Lusi notre domestique pour fin de son gage de six mois, échu à la fin de mai, six francs - il est sorti le 1er juin pour apprendre un métier - on a mis le 15 juin sur le tonneau mis en perce le huit mai une feuillette de vin nouveau - donné à Revelu notre vigneron de Chantemerle six livres à compte du fumier qu'il a fourni à nos vignes, plus à Rivet tisserand, à compte de la pièce de toile pour serviettes qu'il nous fait, quatorze livres. - donné au boucher pour 74 livres de viande à cinq sols, dix huit livres dix sols, au boulanger pour 70 livres de pain à deux sols sept livres, aux pauvres trente six sols - donné au frère Gelase, suivant son mémoire du 7, beurre sept sols, œufs huit sols, crème trois sols - étrennes données au voiturier de la chaux trois sols - pour la lessive deux livres dix sept sols - cendres vingt sols - ballais quatre sols et demi - du beurre sept sols - œufs neuf sols - crème trois sols - une mesure et demi de bled noir pour les poulets trente sols - à la femme qui a repassé chez elle le linge de la sacristie trente deux sols - deux pains de sel dix huit sols

On lit également:

En Août 1768: << Donné au père prieur pour son voyage de Lyon à St Amour et le transport de ses hardes 24 livres. Donné pour un quartier d'agneau à la femme de lavan seize sols >>.

En Janvier 1769: << Mesures de sarrazin pour les pigeons - deux pains de sel - Voyage d'Orgelet pour un procès avec louage d'un cheval et ma nourriture quatre livres huit sols -Huissier Groffoz pour avoir fait emprisonner le gardien des grains saisis chez le granger de Nantel (NDLR: ancien nom de Nantey) vingt une livres trois sols - marron et fromage >>

En Juin 1772: << Donné pour lait en plusieurs fois pour des lavements pour le père procureur malade d'une colique et dhyarrée pendant plusieurs jours pour lait douze sols pour citons neufs sols pour sucre quinze sols en tout une livre seize sols >>.

En Juin 1773: On apprend que pour laver le linge il faut trois mesures de cendre , du bleu. Deux journées sont employées pour enliasser le linge, l'encaséiner, porter l'eau et la couler.

NDLR: la cendre renferme en effet du carbonate de potassium d'où ses propriétés détersives. Le mot potasse vient de l'anglais pot-ash qui signifie le cendrier.

En Juin 1774: << on raccomode un confessional, on donne pour étamage de deux casseroles, resoudage de quatre arrosoirs, une cafetière de fer blanc. On met un tonneau en perce !

En Août 1772: << Pour le dessert des vêpres de St Augustin: pour biscuit, massepin, canellas, pain de chatillon, croquet, poire et prunes trois livres huit sols >>.

En Novembre 1776: On donne << à Meunier, le cadet menuisier pour le charpis et le cadre du tableau de la descente de la croix que nous ont donné les chartreux de Montmerle>>.

En Juillet 1777: << On donne à Mr Jourdain, peintre de Coligny, pour avoir peint en marbre et vernissé les deux autels des chapelles de l'église, pour avoir peint les deux cadres des tableaux, avoir fait les deux gloires qui sont au-dessus des tableaux, pour avoir peint la chaire et la table de communion, fait dans le sanctuaire un boisage en peinture avec les urnes au dessus >>. On apprend que Mr Merle est le médecin. En Février 1778, c'est Mr Yossery, peintre italien, qui est rémunéré pour << les trophées qu'il a fait à notre église, pour avoir peint et vernissé la table de communion et les quatre figures des petits autels >>.

En Août 1778: << J'ay profité de la fête de Saint-Laurent pour faire voiturer du gros sable pour les allées; il y en est entré plus de cent vingt tombereaux; ils étaient au moins douze bouviers et nos vignerons, j'ay pris pour les nourrir onze livres de veau à cinquante cinq sols, plus mouton vingt cinq sols, de plus j'avais deux tailleuses pour raccommoder le linge de table, et pour ce on a été obligé de casser une nappe et un drap >>

En septembre 1778: << Il nous restait encore un tonneau de vin tourné et d'un goût affreux, on l'a échangé contre un de bon vin et ay rendu quinze livres >>

En Août 1780: << Donné pour cendres vingt-quatre sols, pour couler la lesive six sols, à quatre femmes pour la laver trois livres, pour bleu cinq sols, à la blanchisseuse qui l'a pliée douze sols>>

En Novembre 1780: << Donner au RP Prieur pour son voyage de Cremieux icy et port de ses hardes la somme de vingt-quatre livres. Payé la somme de treize livres dix sols pour un voyage fait à Orgelet contre les Surand pour solliciter Le Lieutenent Général à nous juger. On espère l'être dans peu ou terminer par accomodement une affaire qui dure depuis quatorze ans>>

 

Les soins aux moines

Pour terminer donnons un extrait du Mémoire des remèdes fournis par Monsieur Brussillon , chirurgien à Saint-Amour, aux révérends pères Augustins, pour l'année 1719:

Premièrement donne au Révérend père Prieur un lavement le 30 juin 10 livres

de plus à luy fait une seigné le 32 6 l

de plus le 25 aoust iay seigné le père Broncho 6 l

de plus le premier juin iay seigné le frère Estienne 6 l

de plus le 30 aoust iay donné un lavement au frère Léonard 12 l

de plus le 6 9bre à luy fait une Seigné 6 l

de plus pour somme de barbe 12 l


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Saint-Amour, Juin 2000