QUELQUES PLUS ANCIENNES FAMILLES DE BALANOD


 

Il existe des familles dont les noms figurent sans interruption dans les Archives de Balanod1 depuis le XVème siècle jusqu'à nos jours.

Il est intéressant de constater que ceux qui aujourd'hui portent le même nom, habitent encore le même hameau et, très probablement, le même domaine.

Pour toutes ces familles qui, depuis plusieurs siècles, se perpétuent dans le village, quel témoignage de fidélité à la terre natale, quelle preuve d'amour du sol et du foyer des ancêtres !

A ces familles, nous pouvons citer ces vers:

 

<< Ne reniez rien du terroir des ancêtres,

De leur âme, de leurs efforts, de leurs vertus.

La glèbe où sont nos morts en sait plus que nos maîtres

Pour nous guider encore après qu'ils se sont tus >>

(Fabié)

 

Ces familles principales sont les Bonnefoy, les Pelletier, les Magnin, les Martin et les Gandillet. On trouve des liens avec les Vuillot de Champagnat (Veaux) et les Arragon de Montagna.

 

La famille Bonnefoy.

A tout seigneur tout honneur, commençons par la famille Bonnefoy dont l'histoire est remarquable.

Il s'agit en fait de Benoit dit Bonnefoy devenus par la suite Benoit-Bonnefoy puis Bonnefoy avec un certain nombre de suffixes2 , originaires des Rousses. Leur << gisement >> est à Septmoncel et à Saint-Claude.

Ce sont des Benoit, bourgeois de Saint-Claude et parfois conseillers ou échevins de cette ville, qui ont envoyé les cadets << coloniser >> des terres mises à disposition par l'évêque dans la région des Rousses où il fallait défricher.

Claude Antoine Benoit dit Bonnefoy3 dit du Liandou4 , maître-cloutier5 , est ainsi venu s'installer à Balanod et a fait souche.

Il avait épousé Claudine Montadroit dite de Chambéria, originaire de Rothonay.

C'est son frère Henry Bonnefoy qui est sans doute à l'origine de cette migration. Bourgeois de Saint-Claude où il a épousé, en premières noces, Anne Rigollet 6, Henry Bonnefoy devient Notaire Royal à Cousance où il se remarie après le décès de sa première femme7 . Un Demoncel, prêtre de Monnetey puis de Cousance, fait curieusement des Bonnefoy leur héritier8 . Notons qu'en 1769, il y a un bois dit << des Bonnefoy >> à Cousance. Jeanne Humberte Bonnefoy, sa fille, est enterrée dans l'église de Cousance et sa pierre tombale est toujours visible !

Claude Antoine Benoit Bonnefoy s'installe donc dans la propriété des Demoncel9 à Balanod. Il s'agit d'une vieille grange avec pigeonnier, du quartier de la Vua, ayant appartenu aux moines de Gigny, du temps du prieur Abraham de Thésut10 , et actuellement belle propriété de la famille Myard. Ces Demoncel étaient des bourgeois de Saint-Amour, menuisiers comme Jean et Amour Demoncel et l'un d'entre eux était même devenu prêtre. En 1690, on lit dans l'histoire de Corneille Saint-Marc, que les Bonnefoy ont une sépulture dans l'église collégiale et paroissiale de Saint-Amour.

Un de ses fils Claude Humbert Bonnefoy, marchand cloutier à Balanod, époux de Charlotte Guigot, meurt tragiquement sous la creusse d'un arbre qui lui a empêché de recevoir les sacrements11 . Son frère Jean-Philibert Bonnefoy (1687-1754), époux de Marie Caillon, est meunier à Balanod.

Une de ses filles Jeanne Claudine Bonnefoy a épousé un marchand de Graveleuse, Jean-Baptiste Faverge, en l'église de Joudes le 27 novembre 1725, et a hérité de la maison.

La famille Magnin.

Le plus ancien Magnin dont nous avons pu reconstituer la lignée est Guillaume Magnin, époux de Philiberte Gandillet (1608 - 1686). Le nom de Magnin est un nom qui signifie chaudronnier. La plupart des membres de cette famille étaient des vignerons.

La famille Pelletier.

Nom de famille très répandu. Ayant donné encore récemment leur nom à des maires de Balanod. Pour les distinguer entre eux, on trouve souvent des suffixes comme Jean Pelletier le Vieil ou Jean Pelletier le Jeune. Il y a eu des maçons comme Humbert Pelletier le Jeune (1734-1801). Le nom de Pelletier est lié au travail des peaux.

La famille Martin.

On ne saurait trop dire d'où viennent les Martin. Il y a eu une famille importante à l'Aubépin. La branche de Balanod qui nous intéresse a fait des unions avec les Dagoz du Villard de Joudes et avec les Juhen. Claude Martin (1711 - 1791) était connu comme maître maréchal taillandier de Balanod.

La famille Gandillet.

Il y a eu beaucoup de Gandillet à Balanod mais ils semblent provenir de Veaux, commune de Champagnat, et de Marciat. Surtout des vignerons et des marchands, les Gandillet. Néanmoins, en 1561, Nicolas Gandillet est Maître d'Hôtel de haut et puissant seigneur Philibert de la Baume, Comte de Saint Amour et le représente dans la vente du moulin des Planches Buisson à la Maladière par Claude de Laubespin et son frère.

 

Il s'agit, bien entendu des familles les plus anciennes et les plus nommées. Pour être complet, il faudrait mentionner les famille importées, il y a 150 ans déjà ! comme les Terral (Maîtres Charpentiers à Saint-Amour12 ), les Gauthiers de Véria, les Faverge13 de Graveleuse qui arrivent en 1725, les Groffoz dit Perron (Antoine 1633 - 1728), les Louis dit Gollion, les Arnoux14 , des tailleurs de pierre et des meuniers, de Montagna, ainsi que les Arragon.

Mentionnons aussi les Colassin, les Juhen et à la limite les Collod de Chantemerle et les Barberat du Moulin de Laubépin, aux <<planches Buisson>> près de la Maladière.


NOTES

 

  1. Les Archives Municipales sont à Balanod depuis la Révolution. Par contre, les régistres paroissiaux se trouvent à Joudes, en Bourgogne, ou à Saint-Amour, en Comté.
  2. Bonnefoy à l'Anne, Bonnefoy au Rouge, Bonnefoy-Claudet, Bonnefoy-More.
  3. Il était le fils de Pierre Antoine Benoit dit Bonnefoy et de Clauda Maria Andrée Hugue née le 10/08/1631 aux Rousses; elle-même fille de Claude Hugue als Jantet et de Pernette Rogard.
  4. Les Landes constituent encore à l'heure actuelle un hameau des Rousses, situé près de la Cure, à la frontière Franco-Suisse. On y trouve également le berceau des familles Vandelle.
  5. Il y avait beaucoup d'artisans cloutiers a Morez. Rappelons que les premières paires de lunettes on été formées à partir d'un clou !
  6. A Saint-Claude, on trouve Claude Rigollet, échevin de 1647 à 1648, Hugues Rigolet, échevin de 1592 à 1595 père ou grand-père du précédent. Signalons également Jean Rigoulet, échevin de 1640 à 1641.
  7. Acte de mariage avec Jeanne Baptiste Martel, sa seconde femme, de maitre Jean Coste le père, notaire royal à Saint-Amour, le 28 Novembre 1691.
  8. Mémoires de la Société d'Emulation du Jura 1903-1904
  9. En fait de Jeanne Demoncel d'après un acte de Messire Philippe Faug, notaire royal à Saint-Amour, du 24 juillet 1656, en notre possession, où Jeanne Dumoncel et son frère Jean Dumoncel menuisier à Saint-Amour se partagent les biens d'Anne Ragonnet leur aieule.
  10. se reporter à l'Histoire de l'Abbaye de Gigny de Gaspard.
  11. D'après son acte de décès du 5 mars 1717 déposé aux Archives Municipales de Saint-Amour.
  12. Ils résidaient rue de Bresse.
  13. Ils exploitaient les terres de l'Ordre de Malte et relevaient du Commandeur du Temple.
  14. Antoine François Arnoux (1682-1733), meunier à Balanod.
  15. Un tailleur de pierre, Benoit de Montagna, s'est rendu célèbre ainsi que Jean de Saint-Amour, religieux Augustin, en participant à la construction de l'église de Brou. On voit d'ailleurs cette église représentée sur les vitraux de l'église de Saint-Amour.


FAMILLE BONNEFOY

FAMILLE MAGNIN

 

 

FAMILLE PELLETIER

FAMILLE MARTIN

FAMILLE GANDILLET

FAMILLE GROFFOZ DIT PERON

 

Saint-Amour, Janvier 2004


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