SAINT-AMOUR, ANCIENNE VILLE FORTIFIÉE DE FRANCHE-COMTÉ


Saint-Amour était considérée comme une des principale clefs du bailliage d'Aval1 de Franche-Comté. Le château de Saint-Amour se composait d'un épais donjon circulaire et d'une forteresse bâtie sur une éminence naturelle, flanquée de tours aux angles, entourée de murailles que baignaient les eaux d'un large fossé.

Une première enceinte était délimitée par les fossés de la rue des Terreaux et le quartier de l'église avec cimetière autour. Elle englobait les halles au grain et aux boucheries, les prisons et la rue des fours banaux appartenant au Comte de Saint-Amour. On y entrait par deux portes (première porte de Bresse et porte de la Tour Musy)


Ces fortifications furent réparées et l'enceinte agrandie par Philibert de la Baume en 1556 pour résister aux assauts des guerres de religion. Elles furent ruinées par les derniers sièges subis par la ville.

Saint-Amour fut ravagée et incendiée en 1477 par l'armée de Louis XI, conquise et pillée en 1595 par le maréchal de Biron au nom de Henri IV. En 1637, sous Louis XIII, après un siège mémorable soutenu pendant une semaine contre les armées du duc de Longueville, la ville capitula le 31 mars . Elle fut incendiée une fois encore et livrée au pillage. Saint-Amour se rendit à nouveau en 1668 au comte d'Apchon et, en 1674, au duc de Bellegarde. Louis XIV ayant ordonné la destruction de tous les châteaux de Franche-Comté, le 20 mars 1674, le château de Laubespin est démoli et, le 2 novembre au matin, Monsieur de Sainte-Catherine fait sauter celui de Saint-Amour. Il n'en reste aujourd'hui que de belles écuries (à l'hôtel du Commerce actuel) dont les voûtes sont supportées par des colonnes.

La plupart des fossés ont été convertis en jardins, comme le jardin du chanoine Louis Mercier, bachelier en théologie, seul à avoir échappé au massacre dans l'église lors du siège de 1637. Il s'était caché sous l'autel et acheta au comte de Saint-Amour une terre sur les fossés de ville, derrière son écurie. Les murailles furent en partie détruites. Certaines se retrouvent dans les murs de remises comme dans la rue du Crocodile.

Il reste la tour la plus célèbre de Saint-Amour, la tour Guillaume, reste du premier hôpital fondé par le célèbre théologien.



Plan de la ville et des remparts

A. Donjon du château.

B. Place de la Chevalerie.

C. Château

D. Tour de l'ancien hôpital (aujourd'hui Tour Guillaume).

E. Monastère de la Visitation de Sainte-Marie.

F. Tour Gambard 2 .

G. Rue de la Brèche.

H. Tour Musy devant la rue des Terreaux 3

I. Porte de Senan ou Porte Guichon 4

J. Tour

K. Seconde Porte de Bresse 5 .

L. Couvent des Grands Augustins.

M. Tour dite Ancienne Tour.

N. Tour Saint-André ou Tour des Polies 6 .

O. La prison.

P. L'Église paroissiale et collégiale.

Q. Rue du Dessus des Granges 7

R. La Charité

S. Place d'Armes.

T. Les Halles au Grain et Halles aux Boucheries.

U. Rue des Remparts ou Rue du Dessous des Granges 8.

V. Fontaine et passage des deux portes.

X.Couvent des Annonciades.

Y.Couvent des Capucins

Z. Porte du Châtelet ou Porte de Cuzeau avec corps de garde et pont levis.


NOTES
  1. Rousset. Dictionnaire des communes du Jura.
  2. Maison carrée derrière la maison du notaire Thévenin, en 1613 maison de la famille Collod de Chantemerle. Elle doit son nom à Philibert Gambard, descendant d'une famille noble les Chambard, alliés aux Collod. Philibert Gambard reconnait posséder cette tour dans le Terrier de Saint-Amour de 1542 tenu par Maîtres Aymard et Nicolas Tribillet notaires. Elle fut construite sur les fossés de ville au profit de Messire Jean de Damas, Seigneur et Baron de Saint-Amour.
  3. Cette tour est la Tour Musy. En faisant le pavé de la rue du Chatelet pendant le mois d'octobre 1809 et en nivelant cette rue, entre la Place et cette ancienne Porte de ville qui avait été démolie plusieurs années avant la Révolution, les paveurs ont découvert un mur qui traversait la rue et se prolongeait sous les maisons des deux côtés. Monsieur de Chaignon qui rapporte ce fait en 1810, dans son histoire de Saint Amour, dit avoir vu ce mur fait de pierres de taille bien appareillées. A côté de ce mur se trouvaient des débris de tuiles romaines et en versant ces remblais il s'échappa une médaille bien conservée de Faustine la Jeune, Faustina Augusta, femme de Marc Aurèle. La rue des Terreaux s'appelait rue des anciens Fossés de Ville.
  4. Secrétaire de Philibert de Chalon Prince d'Orange. La rue Guichon est devenue la rue Réclosière.
  5. Auparavant, une première Porte de Bresse s'était tenue avant la Rue des Terreaux, au niveau de la première enceinte de Saint-Amour. Elle enjambait la rue jusque vers une tour dont les fondations sont toujours visibles.
  6. D'après les plans du Terrier de 1728
  7. La rue des Granges s'appelait autrefois rue du Dessus des Granges. Elle faisait partie des faubourgs de Saint-Amour situés au-delà de la première enceinte.
  8. La rue du Dessous des Granges s'appelait autrefois rue des Polies et même rue des Pottiers.


Vieille Porte de la Charité

Extrait du répertoire de Maître CHAMBARD, Notaire Royal à Verjon

En janvier de l'année 1650, Monseigneur le Prince de Condé, Monseigneur de Conti son frère, et Monsieur de Longueville son beau-frère ont été arrêtés à Paris ? et mis au bois de Vincennes, de la part du Roy.

Dieu nous donne la paix / Amen /


La photo représente des Armoiries de Saint Amour de Cornelius Antoine Tribillet, déposée à la BNF << Pulchra feret niveas tibi Sanctamorana columbas, hoc tibi vel mgni pignus amoris habe . Illa fuit Paphiae quondam gratissima divae at venus alig . mater amoris erat ». Cornelius Antonius Tribilletus. En haut « Santamorum ».
Référence : BNF. Département des manuscrits. Fonds latin. 10974

Les sources parisiennes relatives à l’histoire de la Franche-Comté de Jean et Anne-marie Courtieu. Annales littéraires de l’Université  vol. 710.

Traduction possible d'un exégète: << Belle (ville) de Saint Amour porte en toi les blanches Colombes, cela (est) à toi ou bien reçois le gage d'un grand amour. Celle-ci (St Amour) fut autrefois très chère à la divine Paphié (Vénus) quand Vénus ailée était mère de l'amour. >>

Corneille Antoine Tribillet était le fils de Claude Tribillet le Jeune, bourgeois et greffier de Saint Amour notaire (+1594), et de Pernette Abry (° 1577 - + > 1615) Mtre Cl Colombet 4E9556 AD39 Il était prêtre de Nanc.


Repères historiques de la Franche-Comté:

Saint Empire Romain Germanique. Les Hasbourgs: Maximilien (1477). Philippe le Beau (1504). Charles Quint (1516). Philippe II d'Espagne (1556). Les Archiducs (1556-1633). Traté de Nimègue (1678) France


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