HISTOIRE DE GRAVELEUSE ET DE SA CHAPELLE

 


Graveleuse était située sur la voie romaine de Lyon à Besançon, voie qui après Lons-le-Saunier gravissait le mont Cœlius (Montciel), Sainte-Agnès, Rotalier, l'Abergement, les Pourrets, Rosay (du nom d'une pierre rose que l'on trouve dans le pays), Graveleuse et se dirigeait vers l'Aubépin où elle descendait ensuite vers Saint-Amour. Cette voie romaine fut longtemps suivie par les marchands de sel d'où son nom de Vie des Sauniers. La vallée qu'elle traversait fut sans doute le théâtre d'une sanglante bataille. Le seul nom du hameau des Pourrets, (Campi putridi), suffirait pour attester ce fait[1]. Mais il y a d'autres témoignages tels que Champs de la Meure (ou de la Mort), prélion, mot dérivé de praelium (combat) et l'inévitable Cantat Merulus, Chantemerle, qu'on est sûr de trouver près des lieux de carnage. En 1850, on a découvert à Graveleuse, dans un murger, un tumulus voûté, muré et dallé, contenant le squelette d'un guerrier qui avait à chaque bras, au-dessus du poignet, des bracelets en bronze ciselé. La voie traverse également le hameau de Colonosay[2] où travaillaient des sabotiers[3]. Elle longe la célèbre forêt gauloise des seigneurs de Chevreaux.

 Graveleuse appartenait à la grande sirerie du Revermont dont la capitale était Coligny jusqu'à ce qu'elle fut donnée à l'ordre des Templiers, à la fin du XIIe siècle, pour y fonder un hospice destiné aux pèlerins en voyage. Cet établissement fut placé sous la dépendance de la commanderie de Varessia et de la maison magistrale d'Arbois. Les biens de cet hospice passèrent aux chevaliers de Saint Jean de Jérusalem puis à l'ordre de Malte. Ils consistaient en cinq grands meix sur lesquels le Commandeur de Varessia exerçait la justice moyenne et basse.

 A l'époque le grand pèlerinage était celui de Saint Jacques de Compostelle. Lorsque les pèlerins apercevaient trois tilleuls sur leur route, ils savaient qu'ils pourraient faire étape, trouver un point d'eau et recevoir protection. Les Chevaliers de Malte étaient là pour les défendre. C'était le cas à Graveleuse.

 La Chapelle de Graveleuse est dédiée à Saint Jean-Baptiste comme toutes les chapelles de l'Ordre de Malte. De nombreux habitants ont d'ailleurs porté ce prénom. Cette chapelle est très vieille. On peut lire encore 1390 sur la porte d'entrée. Elle est du style ogival, tertiaire, pourvue d'un toit en tuiles plates et surmontée d'un campanile. Sur la cloche, on peut découvrir encore le nom du parrain: Claude Faverge et de sa marraine Josephte Faverge. Malheureusement cette cloche est tombée, s'est fêlée et a dû être refondue. La personne qui l'a reçue a dû être trépanée. Ce serait lors d'une communion solennelle. A l'intérieur, dans le chœur, on voit encore à la clef de voûte, l'image en couleur de la Croix de Malte et sur une ogive la croix potencée des Templiers. Cette dernière croix vient d'être malheureusement recouverte par les maçons lors de la réfection de la chapelle . . .

 Tout autour à l'extérieur se trouvait le cimetière où reposent les fermiers de l'Ordre de Malte[4].

 

 Cette église, qui avait le titre de paroisse, était desservie par un vicaire résidant à la nomination du Commandeur de Varessia. En 1614, le chapelain y maria noble N du Bois de Coligny avec Claudine-Philiberte de Morel[5] de Champagne. Le dernier desservant, Joseph Bride, fut incarcéré en 1793, sous la Révolution.

 
NOTES

                                                                   

[1] Un coin des Pourrets porte le nom significatif de << chaudière d'enfer >>

[2] Colonosay serait l'abréviation de Colonia Sequanorum, colonie des Séquanes.

[3] Pierre Brunet à Ondelle était sabotier

[4] Ce serait une erreur de croire qu'ils relevaient de la seigneurie de Rosay voisine. Ils relevaient de l'Ordre de Malte, langue d'Auvergne.

[5] Cette famille possédait le château voisin de Champagne, actuellement détruit, et de nombreux biens à Coligny. Depuis le château de Champagne, on pouvait communiquer avec le château d'Andelot à l'aide de feux.


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