HISTOIRE DE DOMSURE


Il semble qu'un mystère complet enveloppe le secret de la naissance de DOMPSURE 1. Peut-être faudrait-il remonter des siècles encore dans l'Histoire !

Aucun titre ne permet de préciser la date de la fondation qui se situerait vers 1250, sous le règne de Saint-Louis, Roi de France, à peu près à l'époque où la Bresse se trouva annexée par les Princes de Savoie.

Comme la plupart des communes rurales, DOMPSURE doit sans doute son origine à son Prieuré (Prieuré Saint-Théodore de Dompsure). L'emplacement dudit prieuré en porte encore le nom. Cependant, d'une part, les archives ne font nulle mention de chapelle, d'autel, dédiés à ce saint; mais l'on retrouve les traces d'une statue qui existait certainement et d'une autre qui fut profanée sous la Terreur. D'autre part, on venait en pèlerinage à DOMPSURE de tous les environs prier Saint-Antoine 2 pour qui nos aïeux avaient une grande vénération; mais Saint-Théodore est resté Patron de la Paroisse !

Vers 1250, les Seigneurs de Saint-Amour, de Coligny, de Saint-Trivier 6 s'adressèrent à l'Abbaye de GIGNY pour obtenir l'établissement d'un prieuré sur notre territoire, pour desservir les hameaux trop éloignés et délaissés. Les fidèles qui voulaient se rendre aux offices empruntaient de longs et mauvais chemins, des gués; (Une jeune fille se noya en passant la rivière de Mailly débordée et sans pont).

C'est grâce au séjour des moines (pionniers et premiers curés de Dompsure) que ce petit village doit l'avantage et l'honneur d'être le centre d'une paroisse et d'une commune.

Les Prieurs choisirent le coteau de DOMPSURE, pour son site agréable, son accès facile, pour l'édification du Prieuré et de sa chapelle, qui devait servir momentanément d'église paroissiale.

Trois moines d'abord, et plus tard un prêtre séculier, prirent possession des lieux, s'installèrent, entourés du respect de nos pères, leur imprimant de profonds sentiments religieux. Malgré ces avantages, cette organisation ne devait pas durer longtemps; mais on ne sait pas exactement quand le Prieuré fut abandonné; il resta la propriétés des Bénédictins de Cluny jusqu'à la Révolution; ensuite il devint même un cabaret et finalement fut acheté plus tard par le Curé de la Paroisse pour être démoli.

En plus du village proprement dit, DOMPSURE comprenait la "Richardière" 3, "Montoux", "Leschaux", "Le Pin", "Charangeat", les deux" Vieillères" 4; Le bief Thorent (Turin, de nos jours) servait de limite avec Villeneuve qui dépendait de Saint-Amour (La Comté).

En 1782, Le Pin, les deux Vieillères furent détachées de DOMPSURE pour constituer BEAUPONT; de même que Charangeat; mais là, deux familles réclamèrent énergiquement le droit de rester à DOMPSURE, de même que le hameau de Leschaux, ce qui fut accordé. La "Maretière" 7 dépendait de PIRAJOUX.

C'est le 5 décembre 1794 que le Villard 5, la Charme (dépendances de COLIGNY) furent réunies à DOMPSURE qui comptait à partir de cette date 1010 habitants.

 

Les surnoms existent de longue date. Dès le 17ème siècle on trouve des : Giraud dit "Potelat" (Petit lard !), Benoit dit "Cabot", Puthet dit "Tabourin", Lusy dit "Qui-na", Poncet dit "Chevalier", Michel dit "Moulu", Michel dit "Touma", Morel dit "Gouly", Morel dit "Durand", etc . . . Les familles Michel et Morel toujours très nombreuses de nos jours ont conservé leur surnom ainsi que les familles Bouilloux à Villeneuve.

 


NOTES

 

  1. Autrefois Donceres (1250 d'après un pouillé de Lyon) et orthographié Dompseurre par Maître Cabuchet, notaire royal de 1720 à 1769. Le nom du village viendrait d'une déformation de Saint-Théodore, patron de la paroisse, en Saint Isidore et aurait donné domus isidorius ou Domsure. L'orthographe de DOMPSURE a beaucoup varié: on le trouve écrit DONSEURE - DOMPSEURE -DONZEURE-DONTZUEURE
  2. Saint-Antoine est célèbre par son cochon. Il est connu comme le protecteur de la race porcine. On lui attribue également le pouvoir de guérir du Mal des Ardents ou Feu de Saint-Antoine (intoxication par la dihydroergotamine)
  3. Le nom du hameau de la Richardière provient sans doute d'une famille puisque le 5 juillet 1520 a eu lieu une reconnaissance d'Amour, fils d'Anthoine, fils de deffunt Pernot Richardier de la Richardière, à l'instance et réquisition de Calixte Bernard, bourgeois de Treffort, du diocèse de Lyon (Réf : 4J17 ADSL).
  4. Autrefois "Les Vialière haute et basse" du nom des Vialet de la Tournelle qui devaient en être les Seigneurs. Ils avaient une chapelle près du Bois de la Tournelle.
  5. L'enregistrement des Actes notariés de Domsure relevait du bureau de Treffort. Notons que les deux hameaux du Villard de Domsure se sont appelés au 16ème siècle: Villard-Treffort et Villard du Ruaz. Le nom de Ruaz se retrouve en Savoie. La Ruaz est une route médiévale.
  6. La rivière du Sevron servait de limite, au Soir de Beaupont, entre la Sirerie de Bâgé et celle de Coligny, comme elle sépare encore le canton de Coligny de celui de Saint-Trivier de Courtes. Dans les terriers de Saint-Triviers de Courtes des années 1416,1522 et 1563, les prieurs de Dompseure reconnaissaient devoir au seigneur deux livres de cire par an, pour la garde de leur prieuré (Archives Départementales de la Côte d'Or). Le seigneur de Saint-Amour mentionna en 1602 avoir le droit d'exercer la justice audit Dompseure le jour de la Fête-Dieu.
  7. La Maretière s'appelait autrefois la Malatière et devait être une léproserie. La lèpre et ses hospices subsista pendant plusieurs siècles. En 1318 et 1328, les Seigneurs de Coligny firent des legs aux diverses léproseries de l'archprêtré de Coligny. Les lépreux devaient être munis d'un baril ou d'une tasse pour boire et de cliquettes ou castagnettes en allant mendier afin d'être mieux connus de tout le monde!!


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