LES MOULINS DE LA REGION DE SAINT-AMOUR EN 1813


L'eau est amenée dans la ville par des corps ou tuyaux en fonte, de deux sources différentes; l'une du vallon de Challes, au nord-est, à dix minutes de distance; l'autre de la vallée du Souget, qui touche au faubourg, du côté de l'est; ces deux dernières sources font rouler deux moulins, et servent à plusieurs tanneries: l'une d'elles, connue sous le nom de petite source, donne des eaux excellentes pour la teinture 1 .

Saint-Amour est arrosée par la rivière de Besançon, qui prend sa source à Montagna-le-Reconduit, à une lieue de la ville; elle fait rouler six ou sept moulins près de sa source 2 , trois à Balanoz, six à Saint-Amour, le moulin de Mailly ou moulin la Baume, celui de Saint-Sulpice, celui de Condal, à peu de distance duquel elle se jette dans le Solnan.

Autrefois l'eau du Besançon n'était pas captée. En dévalant la pente, cette eau alimentait de nombreux moulins puis par la suite de petites usines, une filature et des marbreries.

Les moulins ont appartenus à l'origine aux Seigneurs. Moulins et puits sont les meilleurs souvenirs qui nous restent du Moyen Age.

Liste des moulins:

Moulins de Montagna: 2 Arragon 3 , 2 Gauthier. Victor Gauthier avait vendu à la Société des Eaux la source et la maison 4

Moulin de la Forge à Balanod (Albert Laurent est meunier et scieur de marbre en 1869). A la Maladière, il y avait dans les années 1920 une petite usine de lapidaire qui marchait avec une turbine.

Moulin Antide à Saint-Amour (Darnand) du nom d'Antide Molard meunier au Moulin Carry en 1675 (Joseph Gadoulet est meunier en 1787) 5

Moulin Rentreux à Saint-Amour autrefois Moulin Carry puis marbrerie Carron. (Emile Carron d'abord. Jean Marie Carron était un vétéran des armées napoléoniennes et avait participé à la bataille de Waterloo. Il fabriqua lui même sa première scie à marbre. Son fils Marcel lui succéda. Puis Paul et Georges, fils de Marcel). Il appartenait en 1788 à Jean-Baptiste Reverchon, maître de forge, et comprenait en fait deux moulins et un battoir. Les bâtiments couverts en tuiles coupées consistaient en une cuisine, deux chambres, deux greniers dessus, une écurie sous la grande chambre, le grenier qui est sur la scie à eau, deux tecles à pourceaux et un charbonnier. Les ouvriers logeaient dans le bâtiment de la forge 6 . Avant ce moulin appartenait à Guilaume Carry dans les années 1550. La maison Carry était située en face de la Rue des Fours.

Moulin Febvre à Saint-Amour, autrefois Moulin Girard, devenu marbrerie Célard. Le moulin Febvre appartenait au curé-vicaire perpétuel de la paroisse de Saint-Amour. Par le traité du 12 août 1764, Nicolas Merle en fit don au Chapitre (tout en s'en réservant le bénéfice durant sa vie 7) . Il fut vendu comme bien national (comme tous les biens du Chapitre) et acheté (vers 1817) par Désiré Fontaine, marbrier. Maurice Célard reprend l'affaire (vers 1864), puis André le père de Raymond 8 et de Jean Célard 9 . Ces deux scieries de marbre sont alimentées en eau par un canal parallèle au Besançon creusé à la fin du XIVe siècle à l'initiative de Philibert de la Baume 10 , Comte de Saint Amour, et appelé << la Rivière Morte du Besançon >>.

Moulin de la Foule à Saint-Amour (Claude Passaquay 1685 11 , 1696, 1728 . Nicolas Passaquay est meunier en 1759. Emmanuel Passaquay en 1828). Dans les vieux rôles du Couvent des Grands Augustins, on l'appelle Moulin de la Folle. Les moulins de la Foule étaient des moulins battoirs de draps.

Moulin Montgy sur le Besançon, près de la station d'épuration et de l'ancien cimetière des pestiférés 12 . Le jour de la Saint Roch, au mois d'Août, les Grands Augustins organisaient une procession au cimetière des pestiférés où il fallait chanter un Libera et un Salve suivi d'un Obit au retour, fondé par Guy Debunes, notaire royal. La Peste a sévit à Saint Amour dans les années 1630 et notamment pendant le Siège.

Moulin de Mailly ou moulin La Baume 13 sur le Besançon (Meunier: Denis Joseph Saint-Sulpice, maire de Domsure, en 1820). L'aquarelle peinte par Geneviève Buffard-Morel représente ce moulin vers les années 1914:

 

 

Le moulin de Mailly

 

Moulin du Petit Mailly sur le Besançon

Moulin et battoir de Saint-Sulpice sur le Besançon

Moulin de Laubespin 14 sur la rivière du Besançon à la Maladière, encore appelé moulin et battoir de planche Buisson. Les planches sont en général des fagots disposés sur une rivière pour passer à gué. A la Maladière, appelée avant la Malatière, on hébergeait des lépreux au temps des croisades. Le canal de dérivation du Besançon est appelé dans les Terriers " Rivière Morte "ou "Rivière du Déchargeoir" .Ce moulin a été vendu par Claude de Laubespin à Philibert de la Baume, Comte de Saint Amour, le 3 Janvier 1561. 15

Moulin de Ripaille sur le Souget 16 (racheté par Mr Blanc). Ancienne tannerie Moutot (achetée par A.Gauthier).

Moulin Jacquet à Beaupont sur le Solnan

Moulin Niat à Beaupont encore appelé " Moulin neuf " ou "Moulignat"  en l'An 13

Moulin Bouilloux à Beaupont

Moulin du Vernoux sur le Solnan, démoli, situé sur la commune de Pirajoux. Il appartenait autrefois à la famille Morestel.

Moulin de Leschaux sur le Solnan

 

Vue du Moulin de Romanèche en 1998.



Le Moulin de Romanèche ou moulin Revel sur le Solnan appartenait aux Chartreux de Montmerle 17 , puis fut géré par la famille Saint-Sulpice (Nicolas, Jean, Philibert et son fils André) de 1650 à 1750 environ. Actuellement, il est la propriété de Monsieur Michel Alain et de son père René.

Le Moulin Pertuiset à Villemotier sur le Solnan avec battoir sur Coligny.

Le Moulin de Cropet sur le Solnan, détruit pendant la guerre de 10 ans, fut reconstruit en 1662 sur ordre d'Anne de Coligny, duchesse de Wurtemberg.

Moulin de Bévay sur le Sevron

 

Madame Denis-Joseph Saint-Sulpice, meunière à Mailly


MOULINS, BATTOIRS ET HUILERIES DE DOMSURE EN 1830

Saint-Sulpice Denis Joseph: Moulin de Mailly CB.56

Michel Benoît: Moulin et Battoir C 209

Mégard Claude Joseph: Moulin C 242

Morel Benoist: Moulin et huilerie D 85

Michel Jean: Battoir C 141

Bouilloux Joseph: Battoir D 1025

Morel Etienne: Huilerie D 1226

Guichon Jean: Baptiste Battoir

 


NOTES
  1. L'eau du Souget est en effet riche en sulfate d'aluminium, excellent « mordant » pour les teintures. Elle permet de fixer des colorants sur des fibres végétales.
  2. Annuaire du Jura 1813.
  3. Un moulin baptoir abergé à André Arragon de Montagna-le-Reconduit par le Seigneur Comte de Saint-Amour le 19 Fév 1707 à cause de la Seigneurerie de Chastelneuf. La baronnie de Chateauneuf était située sur le chemin de Balanod à Montagna-le Reconduit. Il en reste des ruines et une ferme.
  4. Léon Gauthier. Sa fille, madame Moutarde, habite dans le moulin de ses parents.
  5. D'où l'expression, devenue populaire: << Aller aux Gadoulettes »
  6. Archives départementales du Jura. Acte dressé par Maître Claude François Renaud le 6 May 1788.
  7. Archives du Presbytère.
  8. Raymond Célard, ancien élève de l'école Centrale des Arts et Manufactures de Paris, où l'auteur de ce site a été examinateur d'admission.
  9. Jean Célard, ancien conseiller général du Jura, successeur à ce poste de Camille Daujat notaire, en 1928.
  10. Histoire de Saint-Amour du Dr Baudry.
  11. Le 17 Avril 1685, Messire Georges de Branges, prêtre, docteur en droit, proofficial de l'Archevéché de Lyon, au nom de illustre et puissant Seigneur Messire Charles François de la Baume, Comte de Saint-Amour, laisse à titre d'abergeage à Claude Passaquay, meunier au moulin de Leschaux, la maison, moulin, baptoir et maillager dit de la Foule. (Réf: Archives départementales du Jura. Acte de Maître Jean Coste le père: 4E9727 - 4E9740). Dans son testament du 16 Juin 1728, Claude Passaquay lègue le moulin à son fils Nicolas Passaquay, << avec ses aysances, appartenances et dépendances et tel que je le tiens d'assensement de Monsieur le Comte de Saint-Amour >>. Claude Passaquay était originaire de Curciat Dongalon (Réf: ADJ 4E9695)
  12. Archives communales de Saint-Amour.
  13. Archives Départementales du Jura 21HP6.
  14. Ce moulin appartenait aux Comtes de Saint-Amour. Le 21 mai 1743, il est dit qu'un moulin banal à deux roues et un battoir fut abergé à Jean Putet par Jacques Philippe de la Baume Perrenot-Granvelle, dernier seigneur de Saint-Amour. Une famille Mayer en a été propriétaire ainsi que des terres avoisinantes, et Mayer se dit Mailly en patois bressan ! (Réf: Archives départementales du Jura 4E98399). Le 20 novembre 1765, c'est Pierre Putet dit Tabourin qui était meunier au moulin de la Baume (Réf: Archives départementales du Jura 4E10029). Le moulin de Mailly a été vendu à Denis Saint-Sulpice par Claude Mégard suivant un acte passé chez Maître Vulpieux, notaire à Cormoz (Réf: Archives départementales de l'Ain. Maître Jacquet, notaire à Beaupont. l7 fructidor An 2, 3E1179) puis à son fils Denis Joseph Saint-Sulpice. Les Saint-Sulpice sont sans doute des descendants d'un Croisé comme les Damas.
  15. Archives départementales du Jura. Acte chez Maître Jean Coste le père en 1698 pour Antoine Barberat le Vieux, maître charpentier et meunier, curateur des enfants de Claude Pelletier le Jeune et Marguerite Collod. Maître JC Carron en 1768 également pour un Sieur Barberat. Archives Communales. Terrier de Saint-Amour (1728) pour Gabriel Barberat meunier fils d'Antoine. Terrier de Saint-Amour (1613) abergeage le 13 avril 1605 pour François Barberat meunier du Moulin Carry. Avant (ADJ 244E), Guillaume Vite le Vieux de Saint-Amour, notaire, reconnaît posséder au lieu dit En Planche Buisson, autrefois à feu Guichard, une place en laquelle il y avait une maison traversant la rivière, deux moulins et trois battoirs avec verger contigu. Cette place touchait la terre du Sieur de Laubépin de matin, la terre de Christophe Chappuys que fut Claude Fillod devers soir, le pré du Sieur de Laubépin devers vent et un autre pré ou devait être anciennement l'Etang ou repoussoir de l'eau des moulins que devait tenir noble Jean Pillot.
  16. Le Souget alimentait deux lavoirs, un situé au fond de la rue du Souget et un avenue des Sports.
  17. Claude Saint-Sulpice est meunier en 1658. (Réf: Archives départementales de l'Ain 3E893). La famille Saint-Sulpice pourrait descendre d'un Croisé.


Saint-Amour, Août 1999

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