RENOUVELLEMENT DU BAIL DU COLLEGE DES AUGUSTINS A SAINT-AMOUR


Suite à des contestations, le bail du premier collège de Saint-Amour1, situé dans le Couvent des Révérends Pères Augustins, au pied de la rue de Bresse, fut renouvelé le 6 Décembre 1710.

Pour légaliser cet acte, des Pères Augustins et des notables de la ville se réunirent en assemblée chez un notaire2 , suite à une lettre adressée au Sieur François Merle, docteur en médecine et maire de la ville.

Du côté des Augustins s'étaient constitués en personnes Roger François Cuet prieur, Révérend Père Pierre Chol, licencié de Sorbonne, Pierre Jean l'évangéliste Gigot, Hyacinthe De Lomel sacristain, Paul Branche procureur et Jean Baptiste Petin professeur, tous composant la famille des Révérends Pères Augustins de Saint-Amour, lesquels de gré et sous le bon vouloir et plaisir du Révérend Père Norbert Coljade, provincial des Révérends Pères Augustins de la province de Narbonne, dont le couvent de ce lieu dépend.

Du côté des notables s'étaient constitués en personnes ledit Sieur Merle, maire, Sieur Philibert Bompard, eschevin, Sieur Christophe Renaud, avocat au Parlement, Sieur Maurice Gaillard, Sieur Claude Colombet, Sieur Charles Curnillon, Sieur Jean Peyrod et Sieur Benoist Bussillon composant la majeure part du Conseil dudit Saint-Amour, duquel ils avaient pouvoir et charge.

La teneur des conventions fut la suivante:

Pendant le terme de trois ans, les Révérends Pères Augustins s'engagent à tenir deux pères de leur ordre pour régents qui soient capables et agréés par le Magistrat3 du lieu pour enseigner la jeunesse à lire, écrire, apprendre l'arithmétique, le latin et le grec jusqu'en philosophie, avec toute l'assiduité requise, conduire les écoliers chaque jour à la messe et ne leur permettre aucune indécence.

Fourniront lesdits Révérends Pères prieur et religieux une chambre proche de la porte d'entrée de leur couvent où les écoliers ont déjà à présent classe et de la chapelle, joignant du côté du soir jusqu'au second sommier du plancher dessus, pour faire une seconde classe aux écoliers auxquels ils feront le catéchisme chaque samedi.

Tant pour le spirituel que le temporel, enseigneront pendant ledit terme quatre pauvres du lieu que les dits sieurs du Magistrat choisiront, sans que pour lesdits pauvres ils puissent prétendre autre chose que leur faire balayer les classes.

Pour enseigner la jeunesse, ils feront deux fois la classe chaque jour ouvrable, l'une dès sept heures du matin jusqu'à dix heures, l'autre dès les deux heures du soir jusqu'à cinq heures. Et, lorsqu'il ne se trouvera aucune fête pendant la semaine, les écoliers auront vacance le jeudi. Lorsqu'il y aura une fête ou plusieurs, il les feront conduire aux processions et aux offices solennels.

Sera payé par chaque écolier apprenant à lire six sols, chaque mois. Pour ceux qui apprendront à lire, écrire, et l'arithmétique huit sols. Et pour ceux qui apprendront à lire, écrire, l'arithmétique, le latin et le grec dix sols.

Outre, sera payé annuellement par lesdits sieurs du Magistrat ou le Receveur de la communauté audits Révérends prieur et religieux trois cents livres monnaie du Royaume à quatre termes égaux. Par acte exprès convenu que les Révérends prieur et religieux ne seront tenus de payer aucune taille4 audit Saint-Amour pendant le susdit terme, nonobstant qu'ils y soient tirés sur les jets.

Lu, fait et passé au jour et lieu susdit après midy, présents Antoine Cancalon, Maître architecte et François Doucet, tailleur de pierres et maçon dudit Saint-Amour, tesmoins requis; bien entendu que les réparations5 utiles audites classes demeurent à la charge dudit magistrat et enfin de celles retireront les effets qu'ils y auront fait mettre.

Collationné par moy Claude Coste, notaire Royal à Besançon, au vu du double dudit contrat expédié et signé par Guy Coste, notaire royal à Saint-Amour, pour les Révérends Pères Augustins dudit lieu, à moy produit par le Révérend Père de Courcelle qui l'a retiré et emporté, cette copie étant en tout conforme à icelluy, ainsy que je le certifie vray à Besançon le vingt septième avril mil sept cent quatorze.

Saint-Amour, Juillet 1997


NOTES
  1. L'historien de Saint-Amour, Corneille Saint-Marc, semble supposer que Guillaume de Saint-Amour (1202-1272) y aurait fait ses premières études. Mais, comme le remarque Maurice Perrod dans les Mémoires de la Société d'émulation, rien ne prouve qu'il existait déjà à cette époque un collège. Il est plus vraisemblable que Guillaume de Saint-Amour ait été formé par un familier du chapitre puis soit allé poursuivre son instruction à Saint-Vincent de Mâcon. En tout cas, le premier juillet 1614 on baptise le fils du principal du collège de Saint-Amour (BMS Tome 1) ce qui montre l'existence de l'établissement. En 1615, le principal est Philippe Landry (BMS Tome 1).
  2. Archives départementales du Jura. Série des Grands Augustins. Acte de Guy Coste, notaire royal.
  3. Conseil municipal.
  4. Impôt.
  5. En Septembre 1787 , les Augustins font un marché avec le Sieur Dupuis pour réparer le collège à savoir changer l'entrée des boutiques, percer du côté des cloitres, faire des portes en pierre de taille, placer des chauffes panes dans toutes les chambres des régents et faire les alcôves du pensionnat en briques. Archives départementales du Jura. Série des Grands Augustins 21 Hp2.


Le second collège fut installé après la Révolution à la place du Couvent des Visitandines, rue Sainte Marie. Le conseil municipal de Saint-Amour nomma son premier directeur, Michel Marie Cabuchet, bachelier en Sorbonne, ex-curé de Sagy, ancien curé de Domsure, le 6 Vendémiaire An 11, avec pour charges de faire enseigner les Langues et les Sciences.

Prix de Version Latine attribué à Eugène Daujat en 1845, futur médecin et Maire de Saint-Amour

Le collège actuel est le collège Lucien Febvre situé à l'entrée de la ville.

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