LA RUE DU CHATELET A SAINT-AMOUR


4ème édition. En caractères noirs, il s'agit de la période récente, suivie en caractères bleus de l'état en 1728, d'après le Terrier des Seigneurs

La Rue du Châtelet ou Rue de Cuiseaux s'étendait autrefois de la Porte du Châtelet à la Place d'Armes où se trouve la Mairie actuelle. Il devait y avoir dans les temps très anciens un petit fortin qui assurait la sécurité de l'entrée en ville.

En remontant, sur le côté gauche:

A l'angle du passage situé devant la Poste se trouve la maison du notaire Maitre Thévenin, de style Renaissance Espagnole, avec un bel escalier en pierres et dont le toit est muni d'une frise ancienne que l'on retrouve également dans la maison du 13 rue de Bresse.

D'après le Terrier de 1728, cette maison appartenait aux damoiselles Collod. Elle était située devant la Tour Gambard et bordée par le chemin construit sur les fossés de ville. La Tour du Châtelet enjambait la rue et devait contenir un corps de garde. Pendant des générations les Tours Gambard et du Châtelet ont appartenu aux Collod de Chantemerle. Guillaume Collod, fils de Sébastien Collod de Chantemerle, échevin, transmettra en pleine propriété ces tours aux damoiselles Collod. On sait que la ferme des Collod sur la côte est devenu le lieu-dit << Chez Ch'Coulod>>. Jean-Philibert Collod, prêtre et doyen de Saint-Amour, Docteur en théologie, a contribué à restaurer le second hôpital qui se trouvait au Faubourg de l'Ain. Les Collod de Chantemerle constituent une très grande famille de la Noblesse de Saint-Amour dont certains de ses membres seront ensuite victimes de la peste au moment du Siège.

Puis, maison de Mr Grandjean, pharmacien, avec de belles cheminées en marbre à l'intérieur. Auparavant, celle de Lucien Guichard, notaire, Président du Conseil Général du Jura, et de Maître Prabel, notaire . Madame Carlotta Minoti, de noblesse italienne, auteur de poèmes à l'occasion de naissances, en était locataire et y a reçu Jane Hatto, de l'Opéra, la grand-tante de Claude Frère, avant la dernière guerre.

En 1728, c'était la maison de François Merle, médecin. Cette maison possédait un jardin derrière, construit sur les fossés de ville. Entre maison et jardin passaient les anciens remparts. Car Saint-Amour était une ville fortifiée. Derrière se trouvaient les Champs de la Tournelle. (La famille des Vialet de la Tournelle compte parmi les bienfaiteurs de l'hôpital de Saint-Amour ). Les Vialet de la Tournelle, baillis héréditaires de Coligny, ont laissé leur nom au hameau des Veillères à Beaupont, autrefois orthographié La Vallière. Plus loin, on trouvait le chemin tendant de la Porte Guichon (au bas de la Rue Guichon rebaptisée Rue Réclosière ou Rue des Recluses) à la Croix Jean Gilles proche le couvent des Capucins.

On continue avec la maison de Mademoiselle Durozet, demoiselle avec un grand chapeau branlant, apparentée à la famille de la Celle. Rachetée par la colonie de vacances, l'Oasis, à Madame Boigue sa nièce.

En 1728, maison de Gaspard Joseph Vuillemenot, Seigneur de Nanc. Les Seigneurs de Nanc n'étaient pas très aimés des bourgeois de Saint-Amour car ils leur réclamaient des redevances. D'où des procès interminables au Parlement de Besançon. Un membre de cette famille, Frédéric Maurice Vuillemenot, craignant pour sa vie, rédigea une déclaration qu'il déposa chez un notaire royal de Saint-Amour, Maître Claude François Renaud.

Maison des frères Payno, peintres en bâtiment, qui ont contribué harmonieusement au rafraîchissement des façades et des intérieurs de notre ville.

En 1728, leur maison était celle de François Paget, bourgeois, et de Jean Pierre Paget, chanoine du Chapitre. On indique que la maison avait bûcher et cour où est un puits. Ce puits existerait toujours. Ces puits étaient très répandus à Saint-Amour car il n'y avait pas l'eau courante . . . l'eau courante date de 1937.

Magasin d'André Berger, motos et cycles. Avant, magasin de Paul Mornet dont le père François Mornet était aiguiseur. Logement de Mr Petitjean, marchand de vin. Cabinet d'assurances de Thierry Faivre Pierret, successeur des chaussures Bachelard.

Autrefois, maison des héritiers de Philibert Bompard, marchand quincailler, avec cour et four par derrière. Une de ses filles, Marie Bompard, a épousé en secondes noces, Jean Coste le fils, notaire royal, Avocat au Parlement, et surtout Président des Gabelles.

Maison d'angle. Librairie de Zuzu Grebot (Raymond Grebot dit Jésus Grebot, la mémoire de Saint-Amour) puis maintenant papeterie ICN de Nantey. Cette librairie a été achetée à Monsieur et Madame Pey, parents de Mme Maréchal. la souche de la famille Grebot est à Bletterans (Grebe signifie petite source en patois).

En 1728, maison appartenant également à Philibert Bompard.

 

En remontant, sur le côté droit:

A l'angle du passage, l'ancien café du Nord. Ce café était tenu auparavant par Daniel Bouchard et Joëlle Rathier. Derrière, passage de la glacière.

En 1728, c'était la Maison du Corps de Garde avec derrière l'habitation d'Antoine  Galliot, Maitre serrurier et à côté de sa sœur Jeanne Galliot, femme de Pierre Collet en son vivant Maitre cordonnier. Sur le côté ouest une "ruelle-entre-deux", un reste de porte en indique l'emplacement,  avec au-delà une Tour presque ruinée la Tour Gabot à l'arrière, du côté des abattoirs. Devant, à l'est,  la Tour du Châtelet, sous laquelle était l'entrée de ville, enjambait la rue vers la maison Collod. Dans une reconnaissance de 1756, on demande de laisser faire aucune fenêtre dans cette tour du côté de bize et d'y laisser les cannonières (meurtrières) comme elles sont. Les fenêtres du grenier du corps de garde devront être murées en cas de guerre. Cette tour aurait possédé porte et pont-levis.

 A la place de la Caisse d'Epargne, maison de Monsieur Jousserandot dit « gousse d'ail » tellement il était sec, sacristain.

On traverse la Rue de la Brèche par laquelle s'engouffrèrent les armées du Duc de Longueville lors du siège de Saint-Amour par les Français en 1637.

Optic 2000 au numéro 27, remplaçant l'épicerie Buret très achalandée. Un garage au numéro 27, succédant à Charles Millet, coiffeur.

Magasin de fleurs "Le Châtelet Fleuri", face à l'Oasis, tenu par Bernard Revelut. Une souche de ce nom se trouvait à Champagnat. On atteint la Rue de Corcelles.

 

Entre la rue de Corcelles et la rue des Terreaux se trouve un Institut de Beauté, tenu par Florence Olliet. Avant, magasin de cycles tenu par le « guste » Puthet, Auguste Puthet. Le « zé » Morel avait acheté le fond.

Entre la rue de Corcelles et la rue des Terreaux se trouvait autrefois la maison du Sieur Claude Pierre Curnillon, maître chirurgien, et de Henri Gauthier boucher.

 

On atteint la Rue des Terreaux.

La rue des Terreaux était le chemin public établi sur l'emplacement des anciens premiers fossés de ville. Dans la rue des Terreaux se trouvait la fabrique de tulle d'Aristide Martin.

Guy Pont, charcutier réputé, aimable et avenant, traiteur, occupe la maison d'angle. Il a succédé à Maurice Boesphlug et à Guigard, tous deux bouchers.

Sa maison avait une cour derrière où il y avait un puits des héritiers de Jean Vieux.

La Tour Musy, sous laquelle passe la rue, enjambait de la maison de Jean Vieux à la maison de Claude Vieux. Son entrée est au numéro 13. La famille Vieux, désormais éteinte, s'est illustrée pendant le siège de Saint-Amour en 1637 avec Claude Vieux qui résista avec acharnement à l'entrée des troupes du Duc de Longueville.

Puis c'est le café "Bar des Sports", tenu par Christophe Muller, éminent cavalier. Et Madame Bessonnat "La Sido" autrement dit Sidonie !

Anciennement, maison des héritiers de Claude François Don de Hautecour, Ecuyer, Secrétaire du Roy. Il acheta en 1713 le château de Valfin sur Valouse que ses héritiers conservèrent jusqu'en 1849.

Boulangerie de Mr et Mme Vantard, dont le pain est excellent, tenue auparavant par Mme Charpentier. Avant encore boulangerie de "Fanfan " Débot.

En 1728, maison d'Humbert Chanel, marchand.

Plâtrerie du Revermont au numéro 7 et coiffure Manou aux numéros 3 et 5.

C'était la maison des Sieurs Maurice et Philibert Gaillard dont le four est construit en pierre de taille sur le derrière de laquelle était autrefois une tour et cour et à présent écurie et cuverie. Philibert Gaillard, secrétaire du roi, fut anobli le 14 avril 1745. Maurice Gaillard du Villard était un bourgeois échevin de la ville. Il avait acquis la Seigneurie du Villard. Cette famille Gaillard fut la souche des Gaillard de Dananche et des Gaillard de Lavernée.

Très belle maison appartenant à la famille Gauthier. Le Recteur Gauthier fut Directeur des lycées sous Edgar Faure après 1968. Né à Châteaurenaud en 1917, Professeur de Géologie, doyen de la Faculté des Sciences de Lyon. Recteur de l'Académie de Besançon. Son père était « tueur » à l'abattoir de Louhans.

Cette très belle maison était la maison de Guy de Branges, Seigneur de Bourcia et Civria. La famille de Branges, illustre à Saint-Amour, a donné des avocats au Parlement et des chanoines de l'église paroissiale et collégiale de Saint-Amour. François de Branges, bailli de Saint-Amour, acheta le fief de Bourcia et celui de Civria, qu'ils conservèrent jusqu'à la Révolution. L'indication sur la carte postale montre que cette belle porte a due être récupérée lors d'une rénovation de façade. . .

Ainsi, comme on le voit, résidaient dans la Rue du Châtelet les familles nobles de Saint-Amour.

Saint-Amour, Octobre 2002.


La rue du Châtelet dans les années 1900


Plan de situation des Tours GAMBARD, DU CHATELET, ET GABOT


Porte d'entrée de la Maison De Branges, rue du Châtelet. Devant la porte: Fanfan Débot




Porte d'entrée de la Tour Musy qui enjambait la Rue de Cuzeau juste après les Fossés des Terreaux




Situation de la Tour Musy dans la rue du Châtelet  avant la Rue des Terreaux en 1728
Le trait rouge renforcé marque l'emplacement des remparts d'origine de la première enceinte.
A gauche de ce trait l'ancien emplacement des fossés de ville


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