LA RUE DU COMMERCE ET LA PLACE DU CROISSANT A SAINT-AMOUR


La Rue du Commerce s'étendait autrefois de la Place du Bourg ou place des Quatre-Vents jusqu'à la Rue de Bresse en passant par la place du Croissant devant l'église.

Descendons cette rue sur le côté droit puis sur le côté gauche (avec, en petits caractères, l'état des lieux en 1728 d'après le Terrier des Comtes):

En descendant, sur le côté droit:

A l'angle de la place des Quatre-Vents était autrefois la pâtisserie Cordonod qui faisait de très bons petits gâteaux. Devenue pâtisserie Béréziat, puis Bride et maintenant pâtisserie Chaussonnet. Célèbre pour ses innovations. En 1728, c'était la maison de Claude Merle, Notaire Royal 1.

Après, un bureau de tabacs tenu par Madame Chassagnoux puis par Monsieur et Madame Secchi, dite Lucie, née Michel. Lucie Michel était née rue des Remparts dans la partie démolie. Sa mère portait une petite coiffe le dimanche et, la semaine, un simple petit bonnet blanc tuyauté. Puis, ce fut le tour de Monsieur et Madame Alice Vert, une exquise personne originaire d'Alsace, de la famille Mornay, et de Monsieur Puvilland, et de Monsieur Saguez qui maintenant fait de la photographie aérienne. Cette maison appartenait à Monsieur Louis Bertrand2 , receveur de l'enregistrement à Ligueil, Maine et Loire. A la fin de sa vie, il occupait le premier étage de cette maison. On le voyait apparaître derrière ses vitres.

Rue des Fours autrefois rue des Fours Banaux du Comte de Saint-Amour.

Pâtisserie Revol où on vendait des quenelles toutes prêtes, d'excellentes brioches et des casse-dents. Il y avait un mortier pour piler les quenelles. Le dimanche, avant la messe, les paroissiennes amenaient leur bidon. Elles remportaient leurs quenelles dans leur bidon, avec la sauce, après la messe ! C'est devenu le magasin de Paul Grand (père et fils maintenant). En haut, la mère Fremiot était culottière. Ce qui ne l'empêchait pas de servir des soupes à tout le voisinage ! En 1728, c'était un chazal appartenant à Maître Jean Coste le fils, Notaire Royal, Président des Gabelles, transformé en maison d'habitation bâtie par Monsieur de Dananche en l'année 1778. Derrière se trouvait la maison de Joseph Bernard où étaient les fours banaux du Comte de Saint-Amour. En face, maison du Sieur Alexis Bouquerod, curé de Saint-Sulpice, et à côté, en remontant la rue, maison de Mr Bernard de Pelagey munie d'une tour avec une cheminée magnifique à l'intérieur de la maison.

Horlogerie de Charles Grand, l'aîné entre la patisserie Revol et la maison Robert. C'est devenu ensuite le magasin Louis Grand. Louis Grand qui a épousé mademoiselle Gabrielle Burtin, cousine de mademoiselle Jeanne Burtin, institutrice aux Annonciades...

Dans l'immeuble voisin habitaient Madame et Mademoiselle Jeanne Robert3 . En 1778, chazal du Sieur Joseph Bernard marchand.

Pressing de Monsieur Gréa. Les Robert avaient vendu leur ancienne pharmacie à une jeune pharmacienne Mademoiselle Mouraire4, originaire de Cousance, très commerçante et très jolie. Tout Saint-Amour allait lui acheter des boules de gomme pour la voir ! Après devenue pharmacie de Monsieur Botton, très aimable et empressé, dont le préparateur était le dynamique Monsieur Arnaud.

Imprimerie Michel. Avant maison de Paul, puis d'Henri, et de Charles Mégard. Faïences et porcelaine. Photographie. Leur magasin a brûlé le 14 Février 1943 à la suite d'un orage. Incendie terrible. On criait: Au feu ! : Au feu ! Tout brûle chez Mégard ! Il faisait très froid. L'eau gelait et transformait la rue en patinoire. C'était très beau aussi . . . il y avait beaucoup de paille et des pellicules photos qui en brûlant donnaient des étincelles jusqu'au ciel !5. En 1778, ces deux ensembles étaient des chazeaux du Sieur Reydelet, boucher.Auparavant, propriété du chanoine Jacques Hurcard, un des premiers à revenir à Saint Amour aprés le siége en 1645.

La Grenette qui a été transformée en local pour les pompiers. La cour de la Grenette a été fermée pour y mettre les voitures des pompiers par un des maires précédents. Les Halles de Saint-Amour devaient être superbes. A côté, les anciennes prisons de Saint-Amour. Ces prisons débordaient sur un chazal du Seigneur Comte de Saint-Amour. Face à la porte de la Grenette, on voit sur un plan, en 1778, à droite les Halles, à gauche les Boucheries.

Grand Magasin Feney qui vendait des graines et un peu d'épicerie. Bien après, occupé par Monsieur Maitrepierre pour réparer des vélos. Puis par Monsieur Jacquet Georges.

Maison de Monsieur Forcey qui vendait des graines. Puis maison Belfis, électricien et de Madame Belfis, coiffeuse. Enfin maison de Martine Bouilloux.

Boucherie Poulain. Cette boucherie était un couloir. Devenue boucherie Prost. Puis boucherie Bouilloux. Mais la maison appartenaitt toujours à la fille de Monsieur Prost jusqu'à ce qu'elle fusse transformée en immeuble de locations

Girardon coiffeur. Sa maman brodait des coiffes. Après salon de coiffure de Marie-France Bertrand qui fit partie du groupe de Résistants d'Henri Clerc. Décorée à ce titre de la Légion d'honneur. En 1728, maison avec chambre débordant sur la rue publique et sous laquelle était anciennement la porte de ville du côté de Bresse. On voit d'ailleurs à l'intérieur d'une maison à gauche les restes d'une ancienne tour. Enceinte primitive de la ville de Saint-Amour.

Café des amis, à l'angle de la rue des Terreaux6 .Venet. Lucie Secchi. Bessonnat. Les voisins 'tapaient le carton' tard dans la soirée. Au moment des enterrements, beaucoup d'hommes, au lieu d'entrer dans l'église, bifurquaient vers le Café des Amis puis rejoignaient le convoi à la sortie !

 

En descendant, sur le côté gauche:

Magasin de Nicole Vitte qui a remplacé le magasin Genoux « vêtements pour enfants » et la mercerie de mademoiselle Ramey. On trouvait de tout dans sa mercerie. La sonnette sonnait jusque dans sa cuisine grâce à un long fil de fer. Elle vendait des jouets, des poupées en Celluloïd et des petits soldats de plomb. Les gamins les voulaient tous mais elle n'en donnait qu'un ! En 1728, cette maison appartenait aux héritiers de Philibert Merle . En fait à Alexandre Merle, curé de Saint-Amour.

Boucherie de Monsieur Canard, successeur de Monsieur Chevalier installé auparavant Rue des Remparts8 . Cette maison appartenait à mademoiselle Charton qui était d'une vieille famille de Saint-Amour, originaire de la Grange-Sainte-Marie. Elle avait remplacé un magasin de modiste qui était à mademoiselle Amélie Perretier, dite la tante Mélie, sœur de madame Chassagnoux. Elles étaient les filles de madame Perretier qui avait élevé Moyse et qui portait toujours sa coiffe. En 1728,un chazal des héritiers de Philibert Merle7 et une ruelle entre deux appartenant au Comte de Saint-Amour.

Le salon de coiffure actuel. Avant les Docks Lyonnais tenus par le père Girardon. On l'appelait le père puce ! Parce qu'il était petit avec un visage rigolo! Il portait un tablier bleu. On payait le samedi parce qu'on avait des tickets doubles ! Après droguerie de Monsieur Arnaud. En 1728, un chazal attribué à Georges Montabreux.

Les vêtements Fion . Ils ont succédé au père Bertheux, tailleur d'habits. Puis à sa fille Jeanne épouse d'André Beauvivre. Puis à leur fille Simone Fillod9 . En 1728, un chazal appelé autrefois « la maison Carry » attribué à Philippe Montabreux, tanneur.

Un local d'intérim où il y avait avant un sabotier, Maxime Lachard, et encore avant la mère Pirat, parente aux Charnay.

Pharmacie Roux, très distinguée, avec de belles expositions en vitrine, présentées avec goût, succédant à la pharmacie Lequin et tout au début Botton. Madame et monsieur Lequin, d'une gentillesse et d'un dévouement qui n'existe plus de nos jours. Monsieur Botton, costume gris, d'une amabilité extrême. Sa vitrine attirait l'attention avec un superbe bocal d'eau céleste ! Auparavant, c'était le salon de coiffure Chevassu10 puis d'Emile Michel11 . Cette maison était habitée par monsieur Genod, ancien directeur d'école. Propriété de la bonne du grand-père de Monsieur Jean Célard12 . En 1728,un chazal puis une maison appartenant à Marie Bompar, belle-sœur de Viatour Merle, Conseiller à la Cour des Comptes, maire de Saint-Amour. mariée en 1738 à Jean Coste, Avocat au Parlement, Notaire Royal et président des Gabelles.

Sur la Place du Croissant:

Maison de mademoiselle Secrétan13 flanquée d'une jolie tour et d'une armoirie. Occupée ensuite par Maître Carrel puis par Madame Arnaud. On ne connaît pas l'origine des gargouilles de la tour. Provenance sans doute du château de Saint-Amour. En 1788, c'était la cure.En 1728, maison de messire Charles Bernard, prêtre.

Une ou deux maisons dont une appartenait à Monsieur Girardon qui avait ouvert une petite épicerie, à la fin des Docks Lyonnais. En 1728, maison d'Henry Fevre, prêtre.

La cure actuelle vendue14 par Madame de Saint-Genest, née Puvis de Chavannes, propriétaire du château des Charmeilles15 . En 1728, maison et jardin.

Photographe Burtin18, magasin Blanc (chaussures), qui a succédé au magasin de mademoiselle Parrot. Elle vendait des tissus pour toile à matelas. Elle louchait et coupait néanmoins du drap ! Elle vendait pour les trousseaux. Sur son enseigne on pouvait lire: « Matelasserie. Rouennerie ». En 1728, c'est un jardin avec une tour en ruine16 appartenant à Charles Baudouin, armurier.

Maison appartenant à Mademoiselle Secrétan qui était la tante de Madame Decœur. Le Docteur Decœur17 y avait son cabinet de 1926 jusqu'à la guerre. Avant bijouterie Matthey. En 1728, une maison appartenant à Jacques Dumont, maître serrurier.

Maison Passaquet. Monsieur Passaquet réparait les chaussures. Magasin « Au bon Bouif ». Cette maison a été achetée par la Paroisse en 1963 (environ) puis vendue à Jouve, facteur d'orgues.

En 1728, se trouvait devant l'église une ruelle entre deux séparant les maisons du cimetière de l'église paroissiale suivie comme de nos jours d'un passage entre deux.

Saint-Amour, Février 2002.


NOTES
  1. Claude Merle, Notaire Royal à Saint-Amour de 1714 à 1750.
  2. Revenu en retraite à Saint-Amour juste après la mort d'un de ses amis d'enfance, il fut le tuteur de la fille de son ami, Eliane Daujat, ma mère.
  3. Morte très jeune, de la tuberculose.
  4. Suzanne Mouraire avait épousé le docteur Bizolon de Bourgoin. Alfred Arnaud a été son préparateur.
  5. Un des enfants Mégard voulut retourner chez lui pour chercher ses lunettes. Il en fut vite empêché !
  6. Cette rue est sur l'emplacement des anciens fossés de ville, d'une époque antérieure. Il y a des oubliettes à droite.
  7. Philibert Merle devait être le fils de Philibert Merle, marchand tanneur et de Marie Collod. Il avait épousé Elisabeth Mercier le 9 février 1682. Archives départementales du Jura. 4E 9724
  8. Rue des Remparts, il y a toujours, sur le trottoir, la machine à chair à saucisse . . . depuis 40 ans . . . indestructible !!!
  9. Aussi appelée « la Queen » en raison de sa ressemblance .
  10. Sa fille Rose Chevassu est devenue madame Sorgues, antiquaire et brocanteuse.
  11. Monsieur Michel dit Moulu et Alfred Arnaud se sont beaucoup occupé du sport à Saint-Amour, notamment de la course lors de la fête. Ainsi que Henri Grevot et Georges Sorgues.
  12. « La Julie Célard »
  13. Mademoiselle Secrétan était d'une vieille famille de juristes de Saint-Amour.
  14. Acte de vente entre Claude Camille Baudoin demeurant à Bourg et la Commune (Mr Gaillard de Lavernée, Maire). 11 000 F. Archives départementales du Jura. 9 VIII 322.
  15. Qu'il nous soit permis d'évoquer à cette occasion le souvenir de deux 'chaisières' de Saint-Amour Fifine Tournier et mademoiselle Sior. Elles suivaient le curé pendant la quête pour récolter l'argent des chaises avec des mimiques significatives !
  16. Cette tour en ruine, souvenir de la première enceinte de Saint-Amour, avant l'extension des remparts sous Philibert de la Baume en 1556, existe toujours et sert de terrasse.
  17. Docteur Théophile Decœur, médecin, fils du notaire de Saint-Julien, marié à Marthe Chapuis, introduit auprès des familles de Saint-Amour par Camille Daujat, notaire.
  18. Pour la petite histoire, André Burtin apportait à l'Ecole des Annonciades des escargots en Maternelle !

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