SOUVENIRS DE LA RUE DES FOURS BANAUX A SAINT-AMOUR


LES FOURS BANAUX

Parmi les droits attachés au seigneur au Moyen Age figurait la banalité. Elle consistait dans le droit d'avoir des moulins et des fours sur le territoire de la seigneurie et de contraindre les habitants d'y moudre leur blé et d'y cuire leur pain en payant une redevance.

Progressivement, la plus grande partie des moulins furent albergés par les seigneurs à des meuniers. Beaucoup de paroisses n'avaient pas de fours banaux mais ce n'était pas le cas à Saint-Amour. Certains particuliers avaient des fours individuels ou communs avec plusieurs voisins.

LA DECOUVERTE D'UN TOMBEAU DANS LA RUE DES FOURS BANAUX

La rue des Fours Banaux a été autrefois l'objet d'une découverte. A l'entrée de cette rue, à l'endroit où elle s'embranche avec la rue du Commerce, appelée à l'époque rue du Bourg, on a trouvé un tombeau d'une seule pierre, recouvert également d'une seule pierre, dans lequel il n'y avait ni médaille ni inscription mais qui contenait des ossements. Monsieur de Chaignon 1 qui relate cette découverte indique qu'elle fut faite en 1718 et transcrit ainsi un manuscrit trouvé dans les papiers du Chapitre: << En 1718, un bourgeois de Saint Amour faisant creuser les fondations d'un bâtiment qu'il voulut faire, trouva à cinq ou dix pieds enfoui sous terre des ossements de plusieurs personnes qui avaient été enterrées en cet endroit, principalement les ossements d'une personne de distinction, enfermées dans une pierre creusée comme un tombeau et couverte d'une autre taillée en dos d'âne, sans aucune inscription dessus, ni aucune plaque de plomb ou d'autre métal où fut inscrit le nom et la qualité de la personne. Le lieu où on a trouvé ces ossements est éloigné de l'église paroissiale et collégiale, que Gontran apparemment avait fait bâtir, d'environ soixante ou quatre-vingts pieds. En ce lieu, on avait fait bâtir les fours banaux qui furent détruits en 1637 lorsque Saint Amour fut pris par les armes de Louis XIII, Roi de France, et tout étant demeuré en masures jusqu'à la ditte année 1718, il est à croire que cet endroit servait de cimetière pour la ville et la paroisse depuis que les habitants avaient été convertis à la foi ce qui fut fait au commencement du Vème siècle parce que ce fut en ces temps là que les Rois de Bourgogne se saisirent de ce pays, et ils étaient chrétiens mais ariens au commencement. Alienus Vitus, Archevêque de Vienne, leur fit abjurer cette hérésie en l'an 410 ou 420.

On pourrait peut-être penser que c'était un cimetière lorsque ce pays était encore sous la domination des Romains et par conséquent dans le paganisme, mais il est aisé de réfuter le doute, puisque, dans ces temps là, il était défendu expressément d'enterrer dans les villes, ( hominum mortuum ne spelito ) disait la loi des douze tables, qui fut renouvelée par Théodose le Jeune en 381. Or, le lieu où l'on a trouvé les ossements est dans l'enclos de la ville, et il était défendu jusqu'au IXème siècle d'enterrer dans l'église ( vanespici de locis sepulturae ) >>.

Monsieur de Chaignon croit cependant savoir, contre le sentiment de l'auteur du manuscrit, qui n'est pas signé, que ce tombeau ne pouvait appartenir qu'à un Romain. Ayant vu plusieurs de ces tombeaux, avec des inscriptions romaines assez semblables à celui-ci, s'il était défendu par la loi des douze tables d'enterrer dans les villes les citoyens qui mouraient, il n'est pas sûr que dans le temps où ce tombeau fut placé, la ville de Saint-Amour fut bâtie à cet endroit ni même qu'elle existât alors. Il y a pu avoir une bataille, un général aurait pu être tué. Les Romains leur élevaient alors un mausolée. Mais ce ne sont que des suppositions sans preuves.

DESCRIPTION DE LA RUE EN 1728

En remontant, sur le côté gauche:

La première maison appartenait à Maître Jean Coste (le fils), Notaire Royal de 1712 à 1728, Président des Gabelles. Ce chazal fut transformé en maison d'habitation par Monsieur de Dananche en l'année 1778. Il faut noter qu'à l'époque cette maison possédait un tunnel permettant de sortir sur les fossés de ville de la rue des Terreaux.

Actuellement, c'est la maison de Paul Grand.

Puis se trouvait une maison de Joseph Bernard, époux de Catherine Lebœuf, qui prit possession de la Seigneurie de Domsure en 1741, sous le nom de Bernard de Domsure 2. C'est là que se trouvaient les fours banaux du Comte de Saint-Amour.

Actuellement, garage de la famille Grand.

Une grange avec écurie et jardin appartenant à Jean Baptiste Bernard 3, frère de Joseph Bernard.

Jardin, cour, chambre et lavoir de Joseph Bernard.

Au fond de la rue, belle maison de résidence de Joseph Bernard, avec un porche dont on devine encore l'emplacement. Pavés à l'entrée.

En remontant, sur le côté droit:

Belle maison de Maître Claude Merle, Notaire Royal de 1714 à 1750 4. Maison aujourdh'hui fractionnée et comprenant la Patisserie Chaussonnet.

Maison comportant deux chambres et la moitié d'une cave ayant appartenu à Messire Alexis Bouquerod, curé de Saint Sulpice, sur la route de Condal. Actuellement entrepot frigorifique de la boulangerie Baron.

Maison de Jean Baptiste Bernard, avec cuisine et chambre dessus. De l'autre côté se trouve maintenant le magasin de chaussures Blanc.

Maison encore de Jean Baptiste Bernard, avec cuisine et chambre dessus. Avec déjà de l'autre côté un marchand confiseur.

Maison avec une partie du porche derrière, appartenant encore à Jean Baptiste Bernard.

Maison de Jean Coste avec une cour derrière.

Maison de Guy Coste, avec cour et four.

Ecurie de Jean Coste.

Enfin maison de Christine Favier, veuve du Sieur Nicolas Merle 5, Notaire Royal de 1677 à 1696. Donnant directement sur la place d'Armes.

Saint-Amour, Décembre 2003

 

Porche de l'entrée des fours banaux, avec écusson

 

Evacuation ancienne des eaux à l'extérieur


NOTES
  1. Histoire de Saint Amour par Monsieur de Chaignon 1810. La famille de Chaignon acheta la Seigneurie de Condal en 1768 à Denis Melchior Tribillet, conseiller et secrétaire du Roi, avocat au Parlement des Dombes. Les Tribillet ont donné de nombreux notaires à Saint Amour. Citons Aymard et Nicolas Tribillet (vers 1543), Claude Tribillet fils de Nicolas, Jean Tribillet le Vieux (notaire de 1598 à 1607), Jean Tribillet le Jeune (de 1607 à 1631) fils de Maximilien Tribillet. Gaspard Tribillet avait acheté la Seigneurie de Condal aux moines de Gigny en 1693.
  2. La famille Bernard est originaire d'Onoz. A Saint-Amour, on les retrouve comme riches marchands drapiers, ce qui leur a permis d'acheter leurs titres de noblesse. La famille Bernard ajoutait les noms de deux fiefs qu'elle possédait en Bresse. On connaît ainsi les Bernard de Dompsure et les Bernard de Pélagey. La branche des Bernard de Dompsure a reçu des lettres d'anoblissement de Louis XVIII, le 27 janvier 1816.
  3. Jean Baptiste Bernard, fils d'Henry Bernard et de Claudine de Roche.
  4. Claude Merle (1687-1760), Notaire Royal, était marié avec Claudine Collod (1693-1728).
  5. Nicolas Merle, Notaire Royal, Procureur d'Office de la Comté de Saint-Amour, était le fils de Nicolas Merle, Bourgeois, Marchand tanneur, et de Philiberte Don de Genoz Il était le père de Claude Merle, Notaire Royal.

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