VALENTINE DE CESSIA, NIECE DE LAMARTINE


La famille des DEGLAND DE CESSIA

Dans son Nobiliaire de Franche-Comté, R de Lurion écrit: << Les Desglans, d'Esglans ou de Glans, sortis du pays de Vaud au XVè siècle, dit-on, allèrent se fixer à Saint-Amour >> . On attribue donc leur origine à Gland en Suisse au bord du lac Léman mais une origine plus modeste, que rappelle leur armoirie, serait en rapport avec le gland du chène, nourriture des porcs. Il existe un hameau des Glands sur la commune de Saint-Julien-sur-Reyssouze.

Parmi les plus anciens nous trouvons:

Claude DEGLAND Vit en 1525 Partage une vigne avec Humbert (Source: Archives Départementales du Jura. Reconnaissances du Terrier du Chapitre de Saint Vincent de Mâcon.)

Humbert DEGLAND Vit en 1543 Cordonnier c'est-à-dire tanneur de peaux, à Saint Amour.

Claude DEGLAND son fils, décédé avant 1615

Nicolas DEGLAND né vers 1590 époux de Magdelaine FEAULT ou Magdelaine LOUIS

Philibert DEGLAND de Cessia, son fils, Avocat au souverain Parlement de Dole

X 28/06/1665 à Saint-Amour avec Claudine Claire DECURY. Conseiller maître à la chambre des Comptes en 1693. Obtient le fief de Cessia en 1680.

Pierre DEGLAND de Cessia, Conseiller du Roy, Maitre ordinaire en la chambre des Comptes à Dole, époux de Dame Célénie de MOYRIA de CHATILLON

° 25/09/1693 à Saint-Amour

Ý 25/02/1754 à Saint-Amour

X 26/01/1721 à Saint-Amour

Joseph César Jean-Baptiste Aimé DEGLAND de Cessia

°30/01/1774 à Saint-Amour

Ý12/07/1828 à Varennes Saint-Sauveur

X 08/02/1813 à Mâcon avec Marie Cécile de Lamartine

Et pour notre héroïne:

Valentine Marie Gabrielle DEGLANS de Cessiat, nièce de Lamartine

°17/03/1821 à Saint-Amour

+ 16/05/1894 à Paris

La maison des DEGLAND DE CESSIA

Cette maison appartenait avant les Degland à Antoine Guichon, Secrétaire de Philibert de Chalon Prince d'Orange. Les Guichon, puis Guichon dit Cachod du fait d'alliances, ont donné leur nom à la Tour Guichon et à la Rue Guichon qui devint la Rue Réclosière (la Rue des Recluses, les Visitandines)

Discours de Monsieur Camille Daujat, Conseiller Général du Jura, pour l'inauguration de la plaque commémorative en l'honneur de Valentine de Cessiat, le lundi 5 septembre 1927 avec le concours de la « Société Musicale de Saint-Amour »

Mesdames, Messieurs,

Je viens très simplement remplir une agréable mission - celle d'offrir de la part de Mr le Maire et de la municipalité de St Amour, de la part de tous mes concitoyens, les souhaits de bienvenue à tous les amis de Lamartine réunis ici aujourd'hui pour cette fête du souvenir.

Cette gentille cité qui est mon pays, toujours accueillante, toujours prête à rendre à qui les mérite les hommages mêmes de l'admiration, a pris en cette occasion son air de fête - le sourire aimable est sur toutes les lèvres, il y a dans l'air de la joie - mélangée à des sentiments d'une curiosité bien naturelle

et en effet - des orateurs qualifiés ne vont ils pas remonter dans le passé, des artistes ne vont ils pas se faire entendre . . .

Que vont apprendre mes concitoyens et moi-même en ce qui concerne notre ville pleine de souvenirs ? ? ?

Un délicat plaisir littéraire va nous être donné - aussi - j'adresse aux érudits, aux artistes, à toute les âmes poétiques présents, nos sentiments de gratitude pour être venus fêter chez nous le grand poète français.

Lamartine avait à St Amour une maison ouverte, celle de madame de Cessiat sa sœur - dans cette maison familiale le grand poète pouvait venir chercher des consolations, se retremper au milieu des siens après ses douleurs et ses désenchantements

Saint-Amour avait déjà les traditions de déférence qu'il a conservées et ses habitants d'alors savaient accueillir le grand poète dans un silence voulu et avec une aimable politesse, alors qu'il venait s'y reposer.

Je vous signale à tous qui pouvez m'écouter le dévouement de cette enfant de Saint-Amour, Mme Valentine de Cessiat née dans cette maison où l'on va commémorer son souvenir par une inscription sur le marbre.

Je vous le signale avec un certain orgueil, il est une répétition traditionnelle des sentiments qui animent mon cœur,

je vous le signale aussi parce qu'il fut plein d'abnégation de la part de son héroïne qui n'avait rien à attendre de sa dévotion ni de son sacrifice

Valentine de Cessiat, nièce de Lamartine, ne fut pas seulement la consolation du poète, son assistante, sa garde malade dans ses vieux jours,

mais elle donna tout pour le grand poète insouciant du lendemain;

sa fortune y a passée parce qu'elle a voulu lui conserver jusqu'à sa fin la quiétude, le mirage de sa propriété.

Elle a voulu garder un nom intact et ne pas livrer à des étrangers les domaines où s'étaient écoulés l'enfance du poète, où il avait rêvé et travaillé . . .

N'est-il pas à propos de rappeler en ce moment que Valentine de Cessiat pour ne pas toucher aux souvenirs intimes du poète, à St Point notamment, avait dû vendre à la Ville de Paris pour peu de chose et avec un marchandage, des démarches qui durèrent neuf ans, le Chalet de Passy où mourut Lamartine - et, ce fut grâce à l'intervention du Chef de l'Etat d'alors que ce dernier sacrifice ne fut pas trop lourd ni inutile.

C'est un hommage posthume que je rends avec plaisir à Mr le Président Jules Grévy - mais n'avait-il pas toujours une oreille attentive et complaisante pour ses compatriotes jurassiens qui avaient recours à lui . . .

 

Il me reste à remplir, Mesdames et Messieurs, la partie la plus importante de la délégation que j'ai reçue et je le fais avec grand plaisir

De la part de Mr le Maire, de la municipalité et de la Ville toute entière, j'offre aux amis de Lamartine, en son souvenir, en celui de Valentine de Cessiat le nom d'une de nos rues - la rue du faubourg de l'Ain porterait désormais le nom de Cessiat de Lamartine; en associant ces deux noms un hommage sera rendu à un grand poète français, à un grand philanthrope, ainsi qu'à l'humble dévouement d'une enfant de notre chère petite ville.

 
 
Inauguration

  

Outre le discours de Mr Camille Daujat mon grand-père, il y eut ce jour-là dans la salle de la Chevalerie, une allocution de Mme Marguerite Henry-Rosier, Présidente des « Amis Jurassiens de Lamartine », une conférence de Maurice Perrod, Président de la Société d'Emulation du Jura et des Récitations par Mademoiselle Fanny Robiane, du Théâtre National de l'Odéon.

De vieilles chansons de la région, recueillies par Henri Grospierre de Nanc, furent interprétées par le « Chœur Jurassien » et la Symphonie de Romberg par le « Groupe Artistique de Saint-Amour »

 Ainsi tout change, ainsi tout passe;

Ainsi nous-mêmes nous passons,

Hélas ! sans laisser plus de trace

Que cette barque où nous glissons

Sur cette mer où tout s'efface.

(Lamartine)

Saint-Amour, Janvier 2003.

Plaque commémorative Rue Réclosière




Apud Sayssiacum (Magnifique Terrier de Cessia en latin de 1442, sous Aymé de Laubespin) On lit Sancti Johannes de Tocularibus c-à-d le nom de la paroisse Saint Jean des Treuils aujourd'hui Saint Jean d'Etreux)


Saint-Amour, Novembre 2005


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